‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 98 sur 255 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Portrait de Jérôme. — Couvent de TAventin — Matrones, et frères de PÉglise domestique. ^ Mélanie en Egypte et en Palestine. — Rufln au mont des Oliviers. — Portraits de Paula, d'Eustochium et de Blésille. — Veuvage et conversion de Blésille. — Commencement des persécutions contre Jérôme. — Polémique contre Helvidius et Jovinien, au sujet de la virginité. — Jérôme est accusé d'attaquer le mariage. — Sa lettre à Eustocbium sur les désordres du clergé romain ; vierges, diaconesses, faux prêtres, faux diacres, faux moines. — Clameurs du clergé contre Jérôme. — Mort de Blésille. — Lettre à Paula sur la mort de sa fille. — Calomnies contre Jérôme et Paula. — Jérôme quitte Rome. — Sa lettre à 'Âsella. — Son embarquement au port d'Ostie.

Les contemporains ne nous ont point laissé le portrait de Jérôme ; mais il n'est pas impossible de le reconstruire à l'aide de ses ouvrages et surtout de ses lettres, en rapprochant ce qu'il y dit de lui-même de ce qu'il paraît estimer et nous vante dans l'extérieur des autres , comme l'enseigne du vrai chrétien. Ainsi nous pouvons nous le figurer maigre de visage et naturellement pâle, quoique cette pâleur eût dû être grandement altérée par le soleil d'Asie ; sa chevelure devait être courte et plate, son corps frêle, sa santé, dont il

se plaint sans cesse *, affaiblie par les excessives austérités qu'il s'était imposées à Chalcide. Un sayon de drap brun recouvert d'une tunique grecque, pareillement de couleur foncée*, composait son costume invariable, dont la simplicité décente contrastait d'un côté avec les vêtements de soie et l'élégante recherche «lesptêtfes romains % de l'autre avec la saleté habituelle des gens qui traînaient l'habit nwnastique dans tes rues de Rome*. En face d'uû clergé livré avec passion aux délicatesses de la table, il gardait, non sans quelque affectatiow pourtant, les observarïces pigides dès monastères de Syrie, ne parlant qu'avec dédain de ces moines occid-ewtaux qui ne savaient pai? jeûiiey '^ ; mais sa rigidité n'était inflexible que pour lui-même. Elle se changeait en indulgence pour les autres, quand il le fallait; particulièrement pour les femmes, chez lesquelles il condamnait les pratiques d'abstinence trop dures ou trop prolongées.

Sa parole était animée et abondante , et ses écrits polémiques, dictés pour la plupart au courant de la plume des tachygraphes qui ataieirt péhW à h sui-

i. Invâliduitf ,• etiam a^ta sanum esti, cot^lwculum ctéèi'i ké^été morbi. Hieron., Ep. i, p. 1; Ep. 64,- p» 600 et pass. — Me macies delectat et pallor. Id., Ep. 2S, p. 67.

2. Si tunica non caridùerît, statim îÈaé e tritity, « iiApostdr et GrœcUA est. » Hieron. Ep. 49, p. 51. — Vestisnee rf3rdida, née satis munda, et nuUa diversitate notabilis. Id., Ep. 18, p. 39. — Vilis tunica, pulla tunica; YésifiBF luscîo*; cuhtis sSne cultû. Ibiâ., et paii*

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