TRAITE DES FOURRURES \OJ
revue tout ce qu'il lui paraît utile de signaler. Ainsi, le 15 juillet 1784,11 entretient le ministre d'un certain John Ledyart, ancien compa-' gnon de Cook, qui connaît très bien les côtes de la Californie et pense qu'on pourrait y faire d'une façon fructueuse la traite des fourrures. Cet homme se rendait à Nantes pour chercher un armateur qui consentît à tenter l'aventure. Le ministre, d'après une annotation qu'on lit sur la lettre du consul, invita aussitôt la chambre de commerce de Nantes sfle tenir au courant de l'affaire. Cette entreprise fut sur le point d'aboutir. Voici ce qu'écrivait Crèvecœur au ministre le 17 mars
de la Marine qui exigeait de ses agents des rapports circonstanciés, non seulement sur les questions commerciales, mais aussi sur la politique intérieure et extérieure. — Au moment où Crèvecœur prit possession de son poste, au mois de novembre iy83, le titulaire du consulat général était François Barbé de Marbois, ancien précepteur des enfants du maréchal de Castries, conseiller au parlement de Metz, qui fut nommé en 1785 intendant à Saint-Domingue, et devint ministre du Trésor sous l'Empire. Le siège du consulat général était alors à Philadelphie, de sorte que Crèvecœur n'eut pas l'occasion d'entretenir de fréquents rapports avec M. de Marbois, fort occupé d'ailleurs par les fonctions de chargé d'affaires qu'il remplissait depuis le départ du ministre de France, le chevalier de La Luzerne (1783).
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C'est avec le plus grand plaisir que j'ai appris que le sieur Ledyart, que j'avais l'année dernière recommandé au commerce de Nantes pour la traite des sauvages sous le 42*^ degré de latitude, est parti ou va partir du port de Lorient pour ces contrées éloignées, d'où il doit revenir en Europe par les Indes Orientales, après avoir vendu les pelleteries qu'il doit acheter aux sauvages.
Le voyage n'eut pourtant pas lieu; au dernier moment on ne sait trop quelles difficultés empêchèrent le départ du bâtiment de 500 tonneaux destiné à cette expédition '.
Crèvecœur fît aussi, en 1785^, parvenir en France la carte manuscrite d'un voyage dans l'intérieur du continent jusqu'à Arabosca (63°delati-
1 . « Il paraît, écrivait Lafayette au ministre des Affaires étrangères, le 8 février 1786 [Correspondance diplomatique), qu'on ne se soucie point de faire faire le voyage dont j'avais parlé à M. le maréchal de Castries et que vous ne désapprouviez pas. Le baron de Grimm souhaite envoyer M. Ledyart, celui qui propose de traverser le continent américain, à l'Impératrice de Russie, et, si vous n'y trouvez pas d'inconvénient, j'arrangerai son marché avec M. de Grimm. » Les aventures de Ledyart, peu connues en France, sont fort intéressantes. Jared Sparks a publié ses mémoires qui ont eu deux éditions (1828 et 1829). Il lui a consacré une notice étendue dans le Lihrary of Anierican biography.