‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 122 sur 330 · Voir chap. IX · texte numérisé non relu

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4. Examen critique des voyages dans l'Amérique septentrionale de M. le marquis de Chastellux, par J.-P. Brissot de Warville. Londres, 1786, in-8.

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américain, auquel l'unissaient l'amitié la plus tendre et un grand rapport de sentiments ». Malheureusement, après avoir couvert Crèvecœur de louanges, il établissait un parallèle entre les assertions de son ami et celles de Chastellux au sujet des quakers; il en faisait ressortir les contradictions et s'écriait :

Quand bien même je ne connaîtrais pas M. de Crèvecœur, quand je n'aurais pas lu cent fois dans son âme, je prononcerais d'après la simple lecture de vos deux ouvrages. L'âme seule a dicté le sien ; le vôtre prouve que vous avez beaucoup d'esprit. Mais c'est avec l'âme qu'on doit juger des républicains, etc., etc.

Ce factum, écrit par un homme qui se vantait d'être son ami intime, dut placer Crèvecœur dans une position assez fausse à l'égard de Chastellux, très lié avec les ducs de La Rochefoucauld et de Liancourt, le prince de Beauvau, le maréchal de Castries et Saint-Lambert.

Un billet de Jefferson, du 8 décembre 1786', nous semble fournir une indication sur les difficultés personnelles que suscita cette polémique. Jefferson donne un dîner et il charge Crèvecœur de

I. Cette lettre est inédite et en notre possession; voir Corpondance.

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transmettre son invitation à M'^'^^ d'Houdetot : « Je n'ose pas vous inviter vous-même, ajoutet-il, parce qu'une personne qui doit venir avec M. Marmontel (M. P. M.) vous est, je crois, désagréable. » H y a tout lieu de croire que ce personnage n'est autre que Philippe Mazzei % qui,

I. Mazzei était un Italien qui, d'après Grimm (juin 1788), était allé s'établir en Virginie plusieurs années avant la guerre de l'Indépendance. Arrivé en France à la paix et protégé par le président Tascher, qui l'avait jadis connu à Florence, il avait à diverses reprises envoyé au ministre des Affaires étrangères des lettres et des mémoires sans grande portée que l'on trouve dans la correspondance diplomatique des Etats-Unis (Archives des affaires étrangères). Après un nouveau séjour en Virginie, il était revenu en France vers le milieu de 1785. Il publia à Paris, en 1788, un ouvrage anonyme en 4 vol. (voir Correspondance, lettre du 20 mars 1789), qui contient des attaques violentes contre Raynal et Mably. Condorcet, qui avait revu l'ouvrage, y ajouta quatre Lettres d'un bourgeois de New-Haven, et fit insérer peu de temps après dans le Mercure un compte rendu élogieux, où il célébrait avec tant de force la liberté de conscience, que son article faillit, d'après Grimm, faire retirer à Panckoucke le privilège du journal. Mazzei était un grand ami de Jefferson, ami peu discret, car une lettre confidentielle du 24 avril 1796, qu'il communiqua au Directoire, et que celui-ci s'empressa de faire publier [Moniteur du 25 janvier 1797), brouilla à jamais Jefferson et Washington. Ce qu'il y a de curieux, c'est que cet incident ne paraît pas avoir altéré les rapports de Jefferson et de Mazzei. On trouve, en effet, postérieurement à cette époque , dans la correspondance de Jefferson, une lettre fort amicale à Mazzei.

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