‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 130 sur 330 · DES AMIS DÉVOUÉS · texte numérisé non relu

DES AMIS DÉVOUÉS

ardeur de réformes par un chef aussi intelligent que bien intentionné •, il n'avait pas craint de signaler hautement les abus et les malversations, et s'était aliéné ainsi quelques hommes influents; puis, dans son inexpérience des choses et des hommes officiels, il avait attaqué la vieille routine administrative, offense que les bureaux ne pardonnent guère. 11 y avait donc contre lui tout un arriéré de rancunes prêtes à éclater, lorsque son protecteur lui ferait défaut. Ses amis de Paris, tout en croyant ses craintes exagérées, se mirent en campagne avec beaucoup de bonne volonté, aussitôt que le nouveau ministre, le comte de La Luzerne', eut pris possession de son poste , et leurs démarches eurent un heureux résultat. Voici ce qu'écrivait la comtesse de Damas, le 28 janvier 1788 :

Le bon marquis ^ a eu plusieurs entrevues avec M"^*^ d'Houdetot, qui avait désiré le consulter sur vos affaires... Il est en bons termes avec le nouveau mi-

1. César-Henri, comte de La Luzerne (i 737-1799), lieutenant général, avait été nommé en 1786 gouverneur des îles sous le Vent. Il était à Saint-Domingue au moment de sa nomination au ministère de la Marine. Il conserva son poste jusqu'à la fin de 1790. C'était le frère aîné du chevalier de La Luzerne (Anne-César), ministre plénipotentiaire aux Etats- Unis de 1779 à 1783.

Page 1