Brienne
3. Éléonore-François-Elie, comte, puis marquis de Moustier (lySi-iSfy). Entré à dix-huit ans dans la diplomatie, il avait été successivement employé à Lisbonne, Londres, Na-
1 788 ^ , lettre élogieuse d'ailleurs , prouve qu'il était nécessaire de défendre le consul de New-York contre certaines attaques venues du ministère.
Cette incertitude de l'avenir, la conscience que ses communications ne rencontraient qu'indifférence ou mauvais vouloir, eurent pour effet de réduire au strict nécessaire la correspondance de Crèvecoeur, de 1787 à 1790-. La situation intérieure était du reste tellement tendue en France, la politique étrangère si inquiétante, que le gouvernement ne pouvait se préoccuper bien sérieusement du détail de notre commerce en Amérique. On ne pouvait d'ailleurs conserver beaucoup d'illusions de ce côté, et l'expérience des années
pies, Trêves. Il fut nommé ministre aux États-Unis en 1787, après le long intérim qui succéda au départ du chevalier de La Luzerne en 1783, et pendant lequel M. de Marbois, puis M. Otto, avaient été chargés d'affaires. Il arriva à New- York en janvier 1788, accompagné de sa belle-sœur, Anne-Flore Millet, marquise de Bréhan. Le profil de Washington, placé au commencement du premier volume du Voyage en Pcnsyl— vanie, est la reproduction d'une peinture de cette dame. Crèvecœur eut toujours d'excellents rapports avec M. de Moustier.
1. Archives des affaires étrangères. Carton du Consulat de New-York.
2. Le registre des correspondances du Consulat de 1787 à 1790 ne mentionne que seize dépêches. Il ne s'en trouve que dix aux Archives des affaires étrangères.
écoulées depuis la paix prouvait surabondamment qu'il était inutile de chercher à lutter contre la prépondérance commerciale de l'Angleterre.
Crèvecœur était pourtant loin d'être découragé ; sa voix était moins écoutée, il est vrai, mais il savait au besoin trouver le moyen de la faire entendre, lorsqu'il s'agissait d'un grand intérêt. Nous en avons la preuve dans une très curieuse correspondance, qui touche à l'une des découvertes modernes les plus fécondes en résultats : l'application de la vapeur à la navigation.
Il est à noter que rien dans les papiers de Crèvecœur n'a rapport à cet épisode, si important cependant, de sa vie consulaire. Comme pour ses services au Canada, pour la carte présentée au Roi', ce sont des documents étrangers qui seuls nous ont mis sur la voie.
Cette fois, c'est la série de remarquables articles publiés par M. Pierre Margry^, dans le Moniteur, sur La navigation du Mississipi et les