UNE ÉCLAIRCIE
comptoir de la maison Swan. Il souffrait plus qu'un autre peut-être, parce que son esprit hypocondriaque ne lui avait jamais permis d'acquérir cette insouciance que l'habitude du danger avait alors donnée même aux plus faibles et aux plus timides. Cependant, lorsqu'il sent ses deux fils en sûreté, un rayon de soleil illumine ses ténèbres. Il peut enfinrecourirau travail, le grand consolateur; il a repris la plume, et le voilà bientôt en pleine fièvre de composition. Il rêve d'ajouter un quatrième volume à son Cultivateur américain, et les lettres qu'il adresse à Ally sont toutes remplies de ses projets littéraires. Aussitôt que la saison le permet, il va prendre un peu de repos dans la vallée de Montmorency, qu'il surnomme très heureusement Cherry Valley^ (la vallée des Cerises). Il est chez un ami qu'il ne nomme pas^ « La propriété est si petite, dit-il, la maison si peu visible, qu'ony est à l'abri des curieux et des malveillants. » Il y écrit huit heures par jour avec une ardeur de jeune homme -\