LE VOYAGE EN PENSYLVANIE
encore, sont fort goûtées. La vogue cependant fut bien loin d'égaler celle du premier livre de Crèvecœur. C'est que les temps étaient bien changés ; les États-Unis n'inspiraient plus cette ardeur de curiosité, cet enthousiasme un peu exagéré qui avaient rejailli jadis sur les Lettres d'un cultivateur. Le Voyage en Pensylvanie fut lu et apprécié ; mais il produisit assez peu d'impression sur la masse du pubhc.
L'ouvrage fut présenté au premier Consul et à l'Institut; le Moniteur publia un compte rendu élogieux de Trouvé ', Andrieux fit un article bienveillant dans la Décade; ce fut tout ou à peu près, et la petite notoriété littéraire de l'auteur n'en fut que bien peu ravivée.
Crèvecœur passa à Lesches la plus grande partie de 1 80 1, et le 9 juin il était reçu membre de la Société d'agriculture , sciences et arts de Meaux, a pour la partie des sciences et de l'économie politique w -. L'année précédente, il avait
1. Il était alors membre du Tribunal, Nous avons de lui plusieurs lettres intimes dans lesquelles il est question de ce compte rendu; c'est lui qui engagea Crèvecœur à offrir son ouvrage au premier Consul. (Voir Correspondance.)
2. Nous avons eu la curiosité de rechercher si cette société n'avait pas conservé quelque communication inédite de Crèvecœur, mais elle n'a pas d'archives de cette époque.
226 M. DE l'église
été compris dans la réorganisation de la Société d'agriculture de Caen, dont il était un des plus anciens membres'.
Il retrouva en 1801 un vieil ami qu'il n'avait pas vu depuis la Révolution, et qui avait eu bien des aventures : le chevalier Casimir de l'Église. C'était, croyons-nous, un officier de l'armée de terre; ce qui est certain, c'est qu'il était parti de Brest en 1792 pour accompagner Dupetit-Thouars dans son voyage autour du monde. On sait que ce navigateur, capturé au Brésil par les Portugais, avait , avec ses compagnons , subi une longue détention à Lisbonne. Délivré après plusieurs années, et appelé à un commandement, il avait péri glorieusement à Aboukir. M. de l'Église avait-il été retenu plus longtemps ou s'était-il attardé à l'étranger? Le fait est qu'en 1801 il venait seulement de rentrer en France.
Nous avons une lettre de lui adressée au premier Consul, par laquelle il réclame sa protection en invoquant sa qualité d'ancien condisciple, à Brienne, sans doute ^.