‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 195 sur 330 · LA PAIX D AMIENS · texte numérisé non relu

LA PAIX D AMIENS

Otto, cependant, était toujours à Londres, menant avec tact et habileté la tâche ardue qui lui était confiée ; malgré le caractère officiellement peu défini de sa mission, il était pris fort au sérieux par le gouvernement et par le public. La correspondance de son beau-frère Ally, qui se trouvait à Londres à ce moment, rapporte mille petits faits qui prouvent combien le diplomate français était personnellement apprécié de tous les partis ^ La satisfaction que lui témoignaient le premier Consul et Talleyrand le soutenait dans ses efforts. Il n'ignorait pas pourtant que d'anciens amis, jaloux de sa position, cherchaient à lui nuire, mais Bonaparte et son ministre savaient protéger les bons agents \ Le succès attendu ne tarda pas à les récompenser; après bien des contretemps et des difficultés, les négociations, entamées en mars 1801, rompues en avril et reprises à la fin de mai, aboutirent enfin au résultat tant désiré. C'est avec les transports d'une joie délirante que fut accueilHe à Londres, le 2 octobre 1801, l'annonce de la signature des préliminaires de la paix. Le 10, le colonel de Lauriston, aide de camp

Page 1