NYMPHENBOURG
C'est ainsi qu'il dut, presque malgré lui, être présenté au Roi. Laissons-lui raconter l'histoire assez bizarre de sa première entrevue avec Maximilien vers le commencement d'octobre 1806.
Lundi dernier, M. de Fontenet ', qui m'avait à plusieurs reprises invité à visiter les beaux appartements de la résidence royale, insista longtemps pour m'y faire aller ce jour-là et, quoique ma curiosité fût épuisée partout ce que j'avais vu à Sleisheim,j'y consentis. Au lieu d'entrer dans les appartements d'en bas, à mon grand étonnement je fus conduit à ceux du second... Nous arrivons à une longue galerie,... nous pénétrons dans une pièce... En entrant, je vois un grand et bel homme, que je crois être le gouverneur du château, lorsque, s'approchant de moi avec une physionomie souriante, il me dit : « Monsieur de Crèvecœur, vous ayant en vain invité, par l'entremise de M. Otto, à venir me voir à Nymphenbourg,... j'ai pris le parti
I. Nous croyons qu'il faut plutôt lire Fontenay. Un général de Fontenay était ministre de Saxe à Paris à la fin du règne de Louis XV. Le personnage dont il s'agit ici était peut-être son fils. D'après une note de Crèvecœur, il avait été élevé à Deux-Ponts et avait entrepris avec Jacobi, devenu depuis un philosophe célèbre (voir ci-après), un voyage d'instruction en Italie. Il était lié avec Jacobi depuis cinquantesept ans, dit Crèvecœur. Jacobi étant né en 1743, ils se seraient donc connus tout enfants. M. de F. avait un logement à Paris dans l'hôtel de M. de Cetto , ministre de Bavière, et était en relations avec M"ie d'Houdetot. (Voir à la Correspondance la lettre du ler janvier 1807.)