‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 204 sur 330 · LE ROI · texte numérisé non relu

LE ROI

de vous recevoir dans mon cabinet en simple particulier. »

Tout d'abord fort surpris et un peu troublé, ^Crèvecœur se remit bientôt, grâce à l'extrême bienveillance du Roi. Celui-ci lui fit voir en détail les tableaux de son cabinet et lui parla très aimablement des Lettres d'un cultivateur , qu'il avait, disait-il, lues en anglais et en français. Une invitation à dîner à Nymphenbourg suivit de près cette première entrevue '.

Il est assez curieux de voir chez le Roi une table de vingt couverts, autour de laquelle on n'entend pas prononcer un seul mot allemand; et les domestiques ne savent pas un mot de français. Je trouve qu'en adoptant l'usage sévère de la Prusse, qui n'admet jamais les ministres étrangers à la table du Roi, celui-ci a beaucoup perdu 2, Il n'est entouré que d'hommes

1. Lettre de Crèvecœur à sa belle-fille. Voir aussi la Correspondance de 1806 et 1807.

2. Maximilien, qui s'était si longtemps trouvé dans une position politique très délicate, n'avait pas dû regretter beaucoup l'étiquette qui lui permettait de tenir à l'écart certains diplomates étrangers. Après la mort du duc d'Enghien, il s'était, paraît-il, retiré quelques jours à la campagne, pour éviter de recevoir les ministres de Russie et de Suède, qui avaient pris le deuil. Le Roi de Suède, d'après M. Pelet, qui tenait cette anecdote de son beau-père [Opinions de Napoléon), était en ce moment à Munich et insista beaucoup pour

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