‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 205 sur 330 · LE ROI · texte numérisé non relu

LE ROI

qui sont, il est vrai, de grands personnages, mais fort peu instruits, et dont la conversation n'a pas beaucoup d'intérêt. Si j'osais, je vous dirais que, moi chétif, j'étais une espèce d'aigle, le jour où je dînai à Nymphenbourg.

Les lettres, les cahiers de notes que nous avons sous les yeux, sont remplis de détails sur Maximilien '. Ce « grand bel homme, au teint frais, aux yeux bleus, à la figure souriante et gracieuse », avait dès l'abord tout à fait séduit Crèvecœur, flatté du reste, et à bon droit^ de l'accueil qu'il en avait reçu. Il revient souvent sur la bonhomie de ce souverain et se plaît à en multiplier

que l'Électeur protestât avec la Russie et la Suède. Gustave se faisait suivre partout du chien qui avait appartenu au malheureux duc d'Enghien et ^'exprimait avec une liberté qui mettait Maximilien au supplice.

I. Nulle part Crèvecœur ne fait allusion au temps où Maximilien menait joyeuse vie à Paris et se faisait payer par Louis XVI un million de dettes. C'était alors un assez mince personnage que le prince Max des Deux-Ponts, colonel du régiment d'Alsace; mais il avait les manières d'un grand seigneur, était gai, spirituel et fort à la mode. Son histoire avec Mme Dupin, l'ancienne maîtresse du duc de Choiseul, fit beaucoup de bruit en 1785. {Correspondance secrète publiée par M. de Lescure, tome I, p. 562 et 574, et Mémoires de M'»^ d'Oberkirch, tome I, p. iio, etc.) Crèvecœur ne pouvait manquer d'avoir entendu parler de tout cela dans la société de M^e d'Houdetot.

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