M. DE MONTGELAS
gable et indiscrète; malgré tout, fort instruite et excellente mère de famille.
M. de Montgelas ' , premier ministre, l'homme le plus considérable de la Bavière, tient naturellement une des premières places dans les notes de notre observateur. Il en trace un portrait que nous copions sur son mémorandum, dans toute son incorrection et sa saveur primesautière. On sent que c'est M. Otto qui parle et que son beau-père ne fait que tenir la plume.
Caractère singulier; grandes conceptions, idées justes sur tout ce qui est arrivé; voit dans l'avenir; haï de la noblesse; d'une apathie extraordinaire; cause et perd son temps avec tout le monde. Rien ne l'émeut.— Son indifférence à quitter Munich à l'époque où les Autrichiens allaient y entrer. — Quatre heures de toilette. Il s'occupe à lire pendant ce temps. Vaste mémoire des hommes et des choses; beaucoup d'éloquence. Grande confiance que le roi a en lui, parce
I. Maximilien-Joseph Garnerin , comte de Montgelas (1759-1838), d'une famille originaire de la Savoie. Il avait été ministre de Maximilien dans le duché de Deux-Ponts depuis 1795, et le suivit à Munich. Il fît en Bavière de nombreuses réformes et restreignit les privilèges de la noblesse et du clergé. Ce fut lui qui décida l'Electeur à se tourner vers la France. Il avait épousé en i8o3 la comtesse d'Arco et avait pour beau-frère un M. de Lapérouse que Crèvecœur vit à Munich.