M. DE HOMPESCH
qu'il ne se presse jamais de faire ni d'agir, ce qui fait croire au Roi que c'est lui qui agit.
Voici maintenant le ministre des finances , le baron de Hompesch', ancien administrateur de Berg et de Juliers. Le portrait, comme le personnage, est plus effacé. Il a quarante ans, une figure distinguée, « qui n'a rien du monde germanique ». Destiné d'abord à l'Église, il avait reçu fort jeune les ordres mineurs, dont le Pape n'avait jamais voulu le relever; il était donc resté garçon. Très mondain, d'un caractère aimable et gai, il était en même temps très laborieux et très actif. Le Roi le tenait en haute estime.
Une autre personnalité curieuse est celle du commandeur Salabert-. Simple pr.être de Paris, il avait été appelé à Deux-Ponts pour l'éducation du prince Maximilien ; sage et instruit , mais sans grande portée intellectuelle, il était devenu mi-
1. Frère du dernier grand maître de Malte et chevalier de cet ordre, il était né à Dusseldorf vers 1770, d'une ancienne famille attachée depuis un siècle à la maison Palatine.
2. Il était en 1795 chargé d'affaires de Maximilien, alors duc des Deux-Ponts, et fut arrêté à Manheim par ordre du général en chef de l'armée autrichienne comme ayant manifesté des sentiments favorables aux Français. Il ne fut mis en liberté qu'en 1797, après le traité de Campo-Formio.