LA NOBLESSE 24I
nistre d'État et commandeur de Malte. Une habitation charmante, qu'il avait fait construire à l'entrée du parc, lui servait à exercer une hospitalité très large, principalement envers les étrangers. « Mieux que les Bavarois, dit Crèvecœur, il faisait les honneurs de la Bavière. » Par malheur, il avait un peu trop l'amour de la table, et l'apoplexie le prit au commencement de 1807, à la suite d'un dîner chez le banquier Seligman.
La haute société de Munich est l'objet de remarques nombreuses et Jugée avec une sévérité à laquelle n'est peut-être pas étrangère l'attitude hostile de cette aristocratie à l'égard des Français. Crèvecœur la dépeint comme hautaine, ignorante, entichée de ses titres, parlant beaucoup de domaines et de châteaux qu'elle n'habite jamais et qui tombent en ruines, obérée d'ailleurs, soit par la prodigalité des générations passées, soit par la guerre. Mécontents pour la plupart et plutôt Autrichiens, Russes ou Prussiens que Bavarois, les nobles vivent en général renfermés dans leurs hôtels, voyant peu de monde, acceptant les invitations, mais sans les rendre.
Le jeu (l'ombre et le whist) est pour la plupart
l'unique occupation. Dès le matin, on se met au
jeu jusqu'à midi, pour reprendre ensuite à cinq