‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 235 sur 330 · SOPHIE OTTO · texte numérisé non relu

SOPHIE OTTO

par une mère fort mondaine, vivant, soit à Vienne, soit à Paris', dans une société assez frivole, cette jeune fille intelligente et instruite , à l'esprit sérieux, à la piété sincère et élevée, montrait déjà le germe des hautes qualités qui firent d'elle plus tard une femme vraiment remarquable. Aussi son vieil aïeul, au fond plus déiste que chrétien, prend avec elle un ton tout nouveau, et laisse voir un respect sincère pour cette foi si vraie, qu'il a le malheur de ne pas partager; il se garde de révéler à l'enfant si confiante, si imperturbable dans sa croyance, l'amertume et les révoltes d'un cœur depuis longtemps brisé-.

La vie qu'il menait était du reste assez triste, et dans ses dernières années la correspondance fut à peu près son unique distraction. Il se trouvait alors fort isolé : son gendre et sa fille étaient à Vienne ; sa belle-fille, depuis son veuvage, passait les hivers en Normandie. Cette solitude était lourde à porter pour un vieillard déjà trop enclin au découragement.

1. M, Otto avait été nommé à l'ambassade de Vienne après le traité de 1809,

2. Nous aurions aimé à donner des fragments de cette correspondance, mais son caractère tout intime nous a arrêté'

Page 1