‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 255 sur 330 · B. EDITIONS FRANÇAISES · texte numérisé non relu

B. EDITIONS FRANÇAISES

* Lettres d'un cultivateur américain, écrites à W. S. ^, écuyer, depuis l'année 1770 jusqu'à 1781. Traduites de l'anglais,

1. M. Marshall, de Buffalo, a bien voulu nous en envoyer un exemplaire.

2. William Selon, l'ami de Cvèvecœur dont nous avons eu souvent à parler. M™" de Barberey, dans -son ouvrage sur Elisabeth Selon ( 3"= édition, I, 61), assure que c'est pendant un séjour que fit W. Seton en Angle- .terre, de 1770 à 1773, que Cièvecœur lui adressa les lettres publiées plus tard. Nous en doutons beaucoup, et nous sommes même disposé à croire que le correspondant supposé de Crèvecœur n'a jamais existé. Si l'auteur a donné à son ouvrage la forme épistolaire, c'est qu'elle lui permettait d'aborder les sujets les plus variés et autorisait un style plus familier. Ce qui est certain, c'est que les initiales de W. Seton ne figurent pas dans les éditions anglaises; le correspondant de Crèvecœur y est indiqué par les lettres F. B. fEdition'anglaise originale Introductcry letter, p. 5, 10, 11, ef.)

par ***. Paris, chez Cuchet, libraire, rue et hôtel Serpente, I 784, 2 vol. in-8.

Cette première édition française ne porte pas sur le titre le nom de l'auteur, mais il est indiqué dans une lettre de Lacretelle qui sert d'introduction : « L'auteur, dit-il, est M. de Crèvecœur, gentilhomme de Normandie, qui a quitté la France dès l'âge de seize ans, etc. « On trouve en tête de l'ouvrage une épître dédicatoire à La Fayette.

Cette édition reproduit avec beaucoup de modifications le volume publié en Angleterre; elle donne en outre un grand nombre de lettres nouvelles. Nous avons le manuscrit primitif écrit en anglais, manuscrit qui paraît avoir été composé en Amérique, et peut-être termine pendant le séjour de l'auteur en Irlande et en Angleterre. Il comprend 3 volumes in-folio, dont le tiers à peine figure dans- l'édition anglaise. Une partie du surplus a été utilisée dans l'ouvrage français, mais avec des changements considérables. Beaucoup de morceaux sont restés inédits. Nous mentionnerons notamment une suite de scènes dialoguées très originales, 'et dont le ton satirique détonne singulièrement avec le style ordinaire de Crèvecœur; elles paraissent avoir été écrites au début de la guerre de l'Indépendance.

J. Sabin indique un second tirage de cette édition en 1785; nous ne l'avons, pour notre part, jamais rencontré, et Quérard ne le mentionne pas.

* Par contre, nous pouvons signaler une édition in-12, sans nom d'éditeur ni lieu d'impression, datée de 1785 ; elle reproduit à peu près page pour page la précédente. C'est évidemment une contrefaçon. L'exemplaire qui est dans nos mains a été acheté à Londres il y a quelques années.

* Lettres d'un cultivateur américain , adressées à W. S.. on, Esq., depuis l'année 1770 jusqu'en 1786, par M. Saint-John de Crèvecœur. Traduites de l'anglais ■ avec l'épigraphe : Keen feelings inspire resistless thoughts. Paris, Cuchet, 1787, 3 vol. in-8, avec frontispices gravés, cinq cartes et trois gravures; epitre dédicatoire à La Fayette.

Cette édition reproduit la précédente avec des additions

considérables, dont nous possédons le manuscrit. L'ouvrage est très soigné ; les gravures et les cartes sont d'une bonne exécution.

* Voyage dans la haute Pensylvanie et dans l'État due New- York, par un membre adoptif de la nation Oneïda. Traduit et publié par l'auteur des Lettres d'un cultivateur américain. De l'imprimerie de Crapelej;, à Paris, Maradan, an IX (1801).* 3 vol. in-8, sept gravures et trois cartes, avec une épître dédicatoire à Washington, signée : S. J. D. C.

Il fut tiré un certain nombre d'exemplaires sur grand papier, les gravures in-folio.

Crèvecœur suppose, dans l'introduction, que le manuscrit de cet ouvrage a été trouvé dans les débris d'un navire naufragé et qu'une partie était devenue illisible. Il en profite pour interrompre de temps à autre son récit. — Nous supposons que, travaillant sur ses anciennes notes et d'après des correspondances d'Amérique, il dut plus d'une fois se trouver embarrassé de remplir le cadre qu'il s'était tracé; grâce à la fable un peu usée du naufrage, il a évité la nécessité de rattacher par un lien serré toutes les parties de l'ouvrage. Il n'a du reste pas abusé de ce procédé et le livre se suit d'une façon très suffisante. Écrit avec plus de soin que le Cultivateur américain, l'ouvrage, sauf quelques hors-d'œuvre un peu romanesques, présente un véritable intérêt. Les notes fort nombreuses qui l'accompagnent sont regardées comme ayant une très réelle valeur.

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