LE DÉFRICHEMENT
Quelques acres de marais sont d'abord assainis ; ils fourniront l'année suivante le fourrage nécessaire pour nourrir les bestiaux l'hiver; puis le rude travail du défrichement occupe tous les bras. Il faut couper les arbustes et les buissons pour les brûler plus tard; il faut pratiquer sur l'écorce des gros arbres l'entaille circulaire qui amène leur mort. Le terrain une fois un peu nettoyé, on sème du grain entre les troncs desséchés qui, dépouillés de leurs feuilles et de leurs écorces, ressemblent à d'énormes squelettes'; une tête d'arbre, traînée par des bœufs, sert de herse sur ce sol rempli de racines, dans lequel la charrue ne saurait pénétrer-.
Mais l'hiver approche; la cabane d'écorces, à peu près suffisante pendant la belle saison, n'est pas un abri sérieux contre les rigueurs de l'hiver américain. Le colon songe alors à bâtir une maison, entreprise gigantesque pour le petit nombre de bras dont il dispose. Par bonheur, même au désert, on a des voisins ; le mot prend seulement une acception fort large, et ces voisins, plus ou moins éloignés, sont très disposés à s'entr'aider.