Voyage en Pensylvanie, t. I, p. 45 et notes, p
30 LA FROLICK
Le colon organise donc ce qu'on nomme une frolick, mot bizarre qui exprime une chose touchante. Il convoque tous ceux qui sont à portée de lui prêter leur aide ; on vient avec empressement, de fort loin quelquefois. C'est qu'en faisant une bonne action on trouve une partie de plaisir, et que l'on satisfait à l'instinct de sociabihté inné dans le cœur de l'homme. Les occasions de se réunir sont rares dans ces sohtudes, et au miheu des bois, une assemblée de quarante personnes est presque une multitude. Chacun vient avec ses nègres ; on apporte ses outils, et tout aussitôt on se met à l'oeuvre. Les attelages de bœufs et de chevaux traînent à l'endroit désigné les troncs d'arbres nécessaires à la construction ; bientôt la hache américaine, maniée par des mains expertes, a équarri les arbres, taillé mortaises et tenons; les poutres, assemblées à queue d'aronde, s'élèvent comme par enchantement et forment les murailles du modeste logis ^ Le gros œuvre est terminé. Le colon a traité de son mieux ses hôtes obligeants, et la plus franche gaieté n'a cessé
), Cultivateur américain, t. I, p. ii3. C'est ce qu'on homme « framed house » (maison de charpente). V. Voyage en Pensylvanie, t. I, p. 864, note.