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3. Cet extrait est peut-être un peu long, mais il nous a paru intéressant à reproduire. Les idées musicales de Crèvecœur n'ont évidemment rien de bien saillant ni de bien pratique, mais il les rend avec une poésie, une émotion dont les fragments qu'on vient de lire ne peuvent donner qu'une idée imparfaite. On est tout étonné de trouver chez un homme de soixante-huit ans, dont la vie a été si tourmentée, une pareille fraîcheur d'impression, une sensibilité si délicate. C'est, nous semble-t-il, un jour nouveau sur le caractère complexe de cet esprit réellement original, chez lequel l'amour passionné de la nature est après tout la faculté maîtresse.
le frère de M™e Becquet ' ; elle lui procurera un bon dîner , si elle ne lui obtient pas autre chose. Que suis-je, mon Dieu, pour que ma recommandation ait quelque poids? Je ne suis plus de l'ancien monde et ne veux pas avoir affaire au nouveau...
« M. de Fontenet^ est toujours ici. Il dîne à la cour trois fois par semaine... S'il n'était pas obligé d'aller à Paris lors du déménagement de M. de Cetto, à cause du logement qu'il occupe dans cette maison, je crois qu'il finirait volontiers ses jours à Munich. Mn^e d'Houdetot recevra de lui une très longue lettre par M. Bonne, ingénieur géographe, qui vient de terminer la belle carte de la Bavière,.. C'est lundi la fête de Fanny (Françoise) ; chacun apporte ses cadeaux. Moi, j'ai fait dessiner et encadrer un sassafras avec sa vigne et les mots suivants inscrits au-dessous : Swcet and pleasant is the meinory offarmer's days. Planted the ^^ April 1777 5. »
Au quartier général impérial, 20 avril 1807. — Le maréchal Berthier à m. Otto 4. Copie de la main de Crèvecœur.
« Mon cher Otto, ceux qui savent aimer sentent également les peines. Je suis bien affecté de la mort de mon pauvre frère 5 ; j'éprouve quelque consolation lorsque je trouve les occasions de procurer quelques-uns de ces moments de la vie où l'on éprouve des jouissances agréables.
1. M"'° Becquet, née Marcotte, sœur de M"^^ Walkenaër, était une amie de pension de M""** Ally de Crèvecœur. Son mari était employé dans l'administration des forêts. M^'° Becquet, leur fille, épousa son oncle, M. Marcotte d'Argenteuil, qui fut directeur général des forêts.