LE PRINTEMPS
dent SOUS sa plume. Ce sont les oiseaux-mouches dont il décrit les brillantes couleurs avec une palette de poète', les fourmis qu'il se plaît à suivre dans leur vie industrieuse, en observant leurs mœurs avec l'œil d'un naturaliste.
Ailleurs (dit un critique anglais-) c'est un duel entre deux serpents dont le récit est grave et solennel comme une des batailles d'Homère; la forte impression que l'auteur en a reçue se révèle tout entière dans ce style magnifique, facile, exubérant. Si l'un des héros était Hector et l'autre Patrocle, Fauteur ne trouverait pas de plus nobles paroles.
Quel pinceau délicat pour peindre le lever du soleil , le printemps 1 on sent l'admirateur passionné et réfléchi de la nature.
Avez-vous jamais visité un grand vei"ger fleuri sans en être ému ? C'est la fête de tous les sens. L'œil est ravi, l'odorat triomphe, l'oreille même est occupée du doux bourdonnement des mouches qui sortent de leurs quartiers d'hiver pour cueillir le miel "\
1. Cultivateur américain^ tome III, p. 53. Crèvecœur avait toutes les aptitudes du naturaliste, sans avoir malheureusement les notions premières de la science. Nous avons de lui des observations inédites sur les fourmis fort curieuses pour un temps où ce genre d'études était encore si peu en honneur.