LA CHUTE DE NEIGE
Mais voici des tableaux moins riants ; Thiver approche '.
Les grandes pluies de l'automne ont rempli les ruisseaux et les marais, pronostic infaillible ! A cette chute d'eau succède une forte gelée qui nous amène le vent du nord-ouest. Ce froid perçant jette un pont universel sur tous les endroits aquatiques et prépare la terre à recevoir cette grande masse de neige qui doit bientôt suivre; les chemins impraticables deviennent ouverts et faciles... Bientôt le vent du nord-ouest (ce grand messager du froid) cesse de souffler; Pair s'épaissit insensiblement; il prend une couleur grise. Ce calme dure peu ; le grand régulateur de nos saisons se fait entendre. Un bruit sourd et éloigné annonce quelque grand changement. Le vent tourne au nord-est; la lumière du soleil s'obscurcit, quoiqu'on ne voie encore aucun nuage; une nuit générale semble approcher. Des atomes imperceptibles descendent enfin; à peine peut-on les apercevoir; ils approchent de la terre comme des plumes dont le poids est presque égal à celui de l'air, signe infaillible d'une grande chute de neige.
Quoique le vent soit décidé, on ne le sent pas encore; c'est comme un zéphir d'hiver; insensiblement, le nombre ainsi que le volume des particules blanches devient plus frappant, elles descendent en plus gros flocons, un vent éloigné se fait de plus en plus entendre, accompagné comme d'un bruit qui