UN HIVER CHEZ LES MOHAWKS 4I
A peine y eus-je consenti que les femmes s'approchèrent avec empressement et, tout en riant, coupèrent mes cheveux, me peignirent le visage, m'apportèrent ce qui était nécessaire pour me vêtir; ils n'oublièrent même pas de me donner un nom. Après quelques jours d'habitude, je me trouvai aussi bien logé, nourri et vêtu que si j'eusse été parmi mes amis de Montréal. Comme les autres, j'allais soir et matin pêcher tantôt sur la glace, tantôt au filet, suivant le degré de froid ou l'abondance de la neige, et je n'étais pas peu fier de pouvoir contribuer à remplir la chaudière. Avec l'écorce intérieure du bouleau, je m'étais fait un grand livre sur lequel j'écrivais avec soin tous les mots de leur langue dont je pouvais deviner le sens, ce qui parut leur faire autant de plaisir que si je leur eusse rendu un service important.
L'hiver s'écoula ainsi, et, lorsque la saison le permit, l'aventureux voyageur regagna Montréal.
Citons encore, puisque nous sommes au village d'Oswegatché , une anecdote inédite" dont la scène est la même, quoique la date en soit certainement différente.
l'anjiée indiquée soit la même, les deux faits sont évidemment distincts. On verra plus tard reparaître ce nom d'une façon fort inattendue.
1. Elle est tirée d'un manuscrit intitulé : Réflexions sur la puissance et les effets de l'harmonie aérienne, composé par Crèvecœurà Munich en 1807. Il donne la date de 1774, qui nous semble plus que problématique.