DÉPART POUR NEW-YORK
quatre-vingts ans. A moitié ruiné déjà par l'incendie de l'une de ses fermes, menacé de perdre aussi la seconde, Crèvecœur jugea qu'il était prudent, dans l'intérêt de ses enfants, de renouer avec sa famille des relations qu'il avait probablement fort négligées. Le désir de se soustraire aux inquiétudes et aux dangers de tout genre qu'il venait d'éprouver ne contribua pas peu sans doute à l'affermir dans sa résolution. Il demanda en conséquence au général Washington le sauf-conduit nécessaire pour traverser les lignes américaines et au commandant en chef de l'armée anglaise, sir Henry Clinton, l'autorisation de se rendre à New-York.
Pourvu de ces deux sauvegardes , il partit le 19 avril 1779 ', n'emmenant qu'Ally, son fils aîné, alors âgé de huit ans, et laissant à Pine-hill sa femme et ses deux autres enfants. Les Lettres d'un cultivateur nous le montrent^ traversant les cantonnements américains et partageant le repas modeste que le major général Mac-Dougal et sa femme venaient de préparer de leurs mains. Il continue sa route, son fils portant le drapeau
1 . Il donne cette date dans une lettre à son fils, d'août 1794.