DÉPART POUR PARIS
marquis Turgot et le duc d'Harcourt, gouverneur de Normandie, auquel il venait de dédier son petit ouvrage.
M. Turgot avait pris tellement de goût pour son protégé, qu'à la fin de 1781 il l'emmena à Paris et le logea dans son hôtel de l'île Saint- Louis '. Crèvecœur a laissé quelques notes sur cette époque de sa vie - ; ne se rapportant qu'à ses relations avec M"^^ d'Houdetot, elles laissent dans l'ombre bien des détails qu'il eût été curieux dé connaître; elles ne manquent cependant pas d'intérêt, et nous leur ferons de larges emprunts.
Deux fois la semaine (dit Crèvecœur), j'allais avec M. de Turgot chez la duchesse de Beauvilliers, sa sœur 3, et deux autres fois chez M. le comte de Bufîon.
alors en Amérique, à peine établi comme cultivateur, et n'avait certainement pas une notoriété suffisante pour faire partie, même comme correspondant, d'une société qui réunissait les hommes les plus distingués de la généralité de Caen.
1. Quai de Béthune, au numéro 3o actuel. C'est là, nous dit Lefeuve, qu'était son beau cabinet d'histoire naturelle. [Histoire de Paris, 5^ édit., tome I, p. 384.)
2. Dans un petit écrit adressé à sa belle-fille en 181 3 et intitulé : Souvenirs sur M'"^ la comtesse d'Houdetot, Ce récit, après tant d'années, ne pouvait manquer de contenir quelques erreurs que nous avons cherché à rectifier.
3. Françoise-Hélène-Etiennette Turgot avait épousé, en 1757, Paul-Hippolyte de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan,