‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 68 sur 330 · LA COMTESSE D HOUDETOT 7I · texte numérisé non relu

LA COMTESSE D HOUDETOT 7I

mon entière guérison. Je m'applaudissais de mon succès; plus d'un mois de silence me faisait espérer qu'elle m'avait oublié, lorsque je fus inopinément menacé de voir cette dame venir me chercher. Ce fut Girard ' qui m'apporta sa lettre ! Vaincu par ce dernier trait de bonté que j'étais loin de mériter, je pris enfin le parti... de me conformer à ses injonctions.

De combien de petites anecdotes, d'incidents, de scènes touchantes ne pourrais-je pas vous entretenir! Comme cette dame m'accueillit! avec quelle promptitude elle me devina , me rassura ! Comme, à force de persévérance, de petites choses flatteuses, imperceptibles, elle fit de moi un nouvel homme ! Quels progrès rapides dans la connaissance du fiançais, dans celle des usages du monde, etc., le désir de mériter l'estime de cette nouvelle amie ne me fit-il pas faire !...

Une suite... de petits événements m'ayant mérité l'amitié et l'estime particulière de cette respectable famille, elle m'invita à demeurer chez elle, où je fus bientôt considéré comme un ancien ami.

Bientôt après, M"^^ d'Houdetot me présenta aux familles La Rochefoucauld, Liancourt, d'Estissac, Breteuil, Rohan-Chabot, Beauvau, Necker, etc. Vers la même époque, je fis connaissance avec les académiciens d'Alembert, Delille, La Harpe, Marmontel, Suard, Grimm, Rulhière^, J'accompagnais cette nou-

1. Girard était l'homme de confiance de M^e d'Houdetot et lui servait souvent de secrétaire; nous le retrouverons plus d'une fois.

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