PARATONNERRE GEANT
la mode et prit conseil de Crèvecœur. Celui-ci proposa d'ériger au milieu de la cour du château un mât beaucoup plus élevé que les bâtiments, muni d'un paratonnerre et d'un conducteur , et l'idée fut soumise à Franklin', alors à Paris, qui donna son approbation.
Bientôt après (dit Crèvecœur), le mât formé de deux beaux peupliers solidement greffés, proprement équarris et peinte en vert, dont la hauteur était de 89 pieds en y comprenant les 12 pieds de la verge électrique, fut élevé au milieu de la cour d'honneur en présence d'un grand nombre d'amis du prince... Madame la maréchale m'a dit depuis que ce mât, sa hauteur, sa destination avaient pendant quelques jours fait beaucoup de sensation à la Cour et que, depuis cette époque, la plupart des grands seigneurs se sont empressés de faire armer leurs hôtels 2.
Mais revenons à M"""^ d'Houdetot. C'était une véritable éducation qu'elle avait entreprise ; elle menait son protégé dans les bibliothèques, dans
1. Franklin indique lui-même ce mode de paratonnerre dans deux lettres écrites, l'une à son fils, Pierre Franklin, et l'autre au major Dawson. (Œuvres traduites par Barbeu-Dubourg, tome I, p. 247 et 280.) Il est douteux que cet appareil ait beaucoup embelli le château du Val.
2. Extrait d'une lettre écrite en 181 2 par Crèvecœur à M. Otto, son gendre.