UNE INITIATION
les galeries de tableaux, jouissant de sa surprise et provoquant son admiration. Ses réceptions du jeudi , ses dîners de lettrés étaient pour le néophyte une autre source de jouissances et d'instruction. ■ .
La conversation (dit-il ') était un mélange délicieux d'anecdotes, de plaisanteries, d'aventures du jour, d'observations et de jugements sur des ouvrages nouveaux, de récits assaisonnés de tout ce que l'esprit, la vivacité et la gaieté française ont de plus séduisant.
M. le comte d'Houdetot, qui était beaucoup plus militaire et homme d'affaires que savant, me disait souvent la veille de ces dîners : « Ah çà ! mon ami, ne vous avisez pas demain de nous faire faux bond; vous me remplacerez, entendez-vous ? Cette surabondance d'esprit souvent si bruyante me fatigue; j'irai dîner rue de l'Université avec de bons vieux amis qui, comme moi, n'admirent que le bon temps renforcé... Prenez garde de devenir savant! nous avons déjà trop de ces messieurs... »
Je voulus conserver quelques souvenirs de ces jours fortunés, entreprise que leur effrayante rapidité ne me permit pas de continuer; cependant, tous les jeudis, j'étais obligé de rendre compte des principales observations que je faisais dans mes courses journalières...
On comprend ce que cette initiation donnée
1. Nous reprenons les citations empruntées aux Souvenirs sur Mme d'Houdetot.