LES SALONS LITTÉRAIRES
avec la plus indulgente bonté par une femme d'esprit avait d'enivrant pour cet homme qui renaissait, peut-on dire, dans un monde nouveau. Avec ses goûts sérieux et son ardente curiosité d'esprit, il avait certes recherché et rencontré dans sa vie bien des personnes instruites et distinguées; mais comment concevoir ailleurs que dans le Paris d'alors ces réunions charmantes oij l'esprit et le savoir s'alliaient à la gaieté et à la galanterie, ces conversations pétillantes où les sujets les plus graves s'agitaient au milieu des madrigaux et des plaisanteries folles ? On peut condamner ces salons qui « avaient librement pensé atout, parlé de tout, tout mis en question , tout espéré et tout promis » , mais on a pu dire aussi comme Talleyrand, et avec beaucoup de vérité : « Qiii n'a pas vécu dans les années voisines de 1789 ne sait pas ce que c'est que le plaisir de vivre '. »
Cet enivrement ne pouvait être que passager. Il était bien difficile pour un homme sérieux, qui avait tant de sujets d'inquiétude et un avenir si incertain, de s'endormir longtemps dans les jouissances de cette vie au jour le jour.
Il était toujours sans nouvelles d'Amérique et