‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 73 sur 330 · LA PAIX · texte numérisé non relu

LA PAIX

depuis son départ de New-York-, deux longues années, aucune lettre de sa femme ou de ses amis n'était venue le rassurer. C'était donc avec une impatience facile à concevoir qu'il attendait la conclusion de la paix, suivant avec une ardeur fébrile les interminables négociations qui se poursuivaient à Paris. .

Cette paix tant désirée vint enfin, et elle eut pour lui des conséquences tout à fait inattendues.

Enfin (dit-il) on apprit à Paris l'arrivée des commissaires d'Angleterre et d'Amérique. Depuis ce moment on ne s'occupa plus dans toutes les sociétés que de ce grand et important objet. A mon grand étonnement , ma bonne comtesse, à qui je n'avais jamais entendu parler politique, se mit tout à coup à en raisonner aussi bien que les plus habiles... Mais ce qui me surprit bien autrement, ce furent les voyages fréquents qu'elle fit à Versailles, voyages dont le comte et toute la famille paraissaient ignorer les motifs. Elle va probablement, me dis-je à moi-même, solliciter l'avancement de son mari, qui alors n'était pas encore devenu lieutenant général des armées du Roi'. Telles étaient mes conjectures, lorsqu'au retour

I. Crèvecœur est ici trompé par ses souvenirs. Le comte d'Houdetot était lieutenant général depuis 1780. Il ne faut pas perdre de vue que ces lignes ont été écrites en 181 3. Après trente ans, il est permis de commettre quelques erreurs de détail.

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