‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 76 sur 330 · De Beauvau, de La Rochefoucauld et de Liancourt · texte numérisé non relu

De Beauvau, de La Rochefoucauld et de Liancourt

2. Les consulats d'Amérique étaient alors fort recherchés, et nous avons trouvé dans la Correspondance diplomatique une très curieuse demande formée par M. Lenormand d'Etiolés, l'ex-mari de M^e de Pompadour. Il sollicitait (4 mai lySS), non pas une, mais deux places de consul, celles de Boston et de Philadelphie, en faveur de ses fils qui, dit-il, s'appellent, suivant un diplôme de l'Empereur, l'aîné : Charles-Marie de Neuilly, baron d'Eberstein, et le second : Charles de Neuilly, aussi baron d'Eberstein. On lui répondit par un refus. Le i^rjuin, nouvelle lettre dans laquelle il se rabat sur une concession de 10,000 acres de terre que le Roi demanderait au Congrès. Un peu plus tard (24 juillet et 9 août lySS), diminuant toujours ses prétentions, il se borne à solliciter une recette des tailles.

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De son château du Val (forêt de Saint-Germain), elle m'envoyait chercher tous les dimanches dans sa voiture pour me faire connaître des ministres qui la plupart dînaient ce jour-là chez elle. Ce fut là aussi que j'eus le plaisir de faire la connaissance du docteur du Breuil, médecin de l'hôpital de Saint-Germain, et de son ami Pecmeja, dont les souvenirs se voient encore dans les jardins de cette belle maison '.

Dès que ma nomination au consulat de New- York fut connue, M. Cadet de Vaux 2, qui alors possédait le Journal de Paris, y inséra de quoi flatter ma petite vanité^. Je reçus plusieurs lettres de félicitations, une

1. C'était bien peu de temps avant la mort si touchante de ces deux amis, anecdote trop connue pour que nous la reproduisions ici. « M. Dubreuil, sans être un grand médecin, dit le duc de Lévis, jouissait de la plus haute réputation dans une partie de la grande société, et comme les personnes qui la composaient étaient des plus exaltées, leur enthousiasme était inconcevable. » [Souvenirs et Portraits, p. 178.) « Il avait, d'après le maréchal de Beauvau [Mémoires, p. i ly), une passion assez rare chez les médecins, celle de guérir ses malades. » Dubreuil était fort lié avec M. et M"ie de Lafayette; un assez grand nombre d'extraits publiés dans les Mémoires du général proviennent de copies faites pour la marquise par le docteur Dubreuil.

2. Cadet de Vaux (Antoine-Alexis-François), 1743-1828, chimiste et pharmacien, avait créé en 1779 le Journal de Paris. Il est probable que Crèvecœur avait fait sa connaissance par l'entremise de Parmentier avec lequel Cadet de Vaux avait beaucoup travaillé. Crèvecœur a conservé toute sa vie des relations avec cet estimable savant qui parle de lui dans plusieurs de ses opuscules.

3. Il nous a été impossible de retrouver cet article. Crèvecœur, après tant d'années, a bien pu faire quelque confusion.

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