‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 79 sur 330 · LACRETELLE · texte numérisé non relu

LACRETELLE

vivement de publier son ouvrage en France. Mais le manuscrit était en anglais; le traduire était une tâche longue et ardue pour un homme qui avait repris depuis si peu de temps l'usage de sa langue maternelle. Ses amis avaient pensé cependant que lui seul pouvait se charger de cette entreprise. « Une telle traduction, écrivait Lacretelle, a bien moins besoin en effet de pureté et d'élégance que de l'originalité du texte dans les choses et dans les expressions. » Crèvecœur s'était donc mis à l'œuvre et, en janvier 1783, Lacretelle, qui avait bien voulu se charger de patronner l'auteur, faisait paraître dans le Mercure un fragment accompagné d'une lettre courte mais substantielle, dans laquelle il appréciait l'ensemble de l'ouvrage. L'article fut bien accueilli , mais la publication annoncée se trouva fort retardée ; un accident imprévu, la perte du manuscrit, en avait empêché l'impression et l'édition ne put être mise en vente que dans le courant de 1784 '.

I. Nous avons trouvé par hasard dans la Correspondance diplomatique des Etats-Unis, à la date du 12 mai 1784, une ■ lettre qui montre avec quel intérêt les protecteurs de Crèvecœur s'occupaient de son ouvrage. Cette lettre est adressée au tninistre des Affaires étrangères par M. Laurent de Villedeuil, maître des requêtes, attaché au bureau de la librairie. Le ma-

Page 1