COMMERCE DES ANTILLES
avaient jadis commercé librement avecles Antilles anglaises sous le pavillon de la métropole ; pendant la guerre, nos îles leur avaient été ouvertes. A la paix tout changeait. L'Angleterre fermait ses ports à ses anciens colons, devenus pour elle des étrangers. En France, le temps était passé où le duc de Choiseul aurait volontiers affranchi nos colonies pour provoquer la révolte des colonies anglaises '; on fit, au contraire, revivre les règlements forcément oubliés pendant la guerre; on ferma ou à peu près les ports de nos Antilles. L'exaspération fut grande en Amérique; le commerce des îles était une question vitale pour les États-Unis; les théories vinrent à l'appui des intérêts: les Antilles n'étaient-elles pas en quelque sorte une dépendance du continent? Les exaltés allèrent jusqu'à parler de conquête -. La France fit bien quelques concessions , mais précaires , retirées aussitôt que le commerce français se plaignait trop haut. La question resta brûlante, et
1, En 1767. M. C. de Witt [Jeffcrson, p. 61) cite à ce sujet de très curieux documents.
2. Archives des Affaires étrangères, Mémoires et documents sur l'Amérique, tome III, mémoire de 1784 non signé, mais qui dqit être de M. de Marbois, consul générai, chargé d'affaires.