IDÉES PRATIQUES
dans les entreprises commerciales. Toutes les correspondances en portent l'empreinte bien accusée, sauf celle de Crèvecœur, qui présente, il faut le dire, un contraste assez marqué avec celle de ses supérieurs et de ses collègues. Autant ceux-ci cherchent les vues d'ensemble, présentent de projets et de théories ' , autant Crèvecœur se maintient dans la pratique et dans le terre-àterre. Il veut à tout prix créer des relations entre les deux peuples, et pour cela, sans grands mots ni déclamations, il s'attache aux détails, il accumule les renseignements les plus minutieux, envoie des échantillons de marchandises, des modèles de machines, etc.
Il faut dire que sa situation était un peu exceptionnelle. Ancien habitant du pays, bien instruit des mœurs et des besoins, pouvant, grâce à ses relations, recueillir les informations les plus pré-
I . Ceci n'est qu'une critique relative, et l'on peut lire avec intérêt et profit beaucoup de dépêches de MM. de La Luzerne, de Marbois, Otto, de M. de Moustier, surtout; mais les agents subalternes manquent généralement de simplicité et souvent de sens pratique; ils exaltent les anciens errements de la politique commerciale traditionnelle, louent sans restriction des mesures d'une opportunité fort contestable. On sent qu'ils craignent avant tout de passer pour des esprits novateurs et libéraux, ce qui déplairait aux bureaux ministériels.