‹ Saint Joseph, ou, La question ouvrière d'après l'évangileChapitre 17 sur 79 · DANS L HISTOIRE · texte numérisé non relu

DANS L HISTOIRE

La grandeur qu'on contracte dans ce voisinage lui suffisait.

Saint Joseph a dans l'Iiistoire une gloire plus vraie que celle de sa noblesse. Il la trouva, sans la chercher, dans le rôle sublime que Dieu lui fit jouer.

L'Incarnation du Verbe est le centre de l'histoire : avant, tout la prépare; après, tout en découle. L'Incarnation supprimée, l'histoire est un chaos. Les patriarches attendent le grand événement; Abraham tressaille tandis qu'il contemple ce jour; Isaac transmet, avec sa bénédiction, l'espérance héréditaire à JacoK son fils; celui-ci félicite Juda et il l'élève au-dessus de ses frères, parce que c'est do lui que sortira l'Étoile de l'humanité. Moïse est tout ensemble le type et le prophète du Messie. Isa'ie, Jérémie, Ezéchiel, Daniel passent l'un après l'autre ; et chacun fait sa note dans le vaste concert des siècles qui aplanissent les voies à Celui qui doit venir.

Saint Joseph fut le ministre du mystère de l'Incarnation. Il fut le délégué de Dieu le père qui lui transmit ses pouvoirs pour l'accomplissement de ses desseins. Il est placé entre Jésus et Marie;

isolé de ces deux existences qui projettent sur lui, chacune à sa manière, un reflet de splendeur, il perd son originalité pour devenir une personnalité vulgaire, malgré son extraction, et dont la mémoire ne serait pas probablement arrivée jusqu'à nous. Il est l'époux de Marie; il servit de voile à sa virginité, tandis que le Saint- Esprit la couvrait de son ombre et formait dans son sein le corps d'argile que le Verbe allait habiter. Saint Joseph est ensuite le père nourricier de Jésus. Il n'eut pas besoin de lui donner la vie : il lui prêta sa tendresse, il adopta son enfance, il veilla sur ses premiers pas, il le défendit des injures de l'air et des conspirations d'Hérode; il le vit grandir sous son regard, comme un lis qui germait en silence pourfavenir de l'humanité; il l'amena à la perfection de ses années, de ses organes et de ses facultés. Le Saint-Esprit avait commencé Jésus ; Marie le continua ; saint Joseph le termina.

Evidemment, nul n'avait touché de si près à la personne du Verbe fait chair; nul n'avait rempli auprès de lui des fonctions si augustes. Les patriarches l'avaient salué de loin; les prophètes l'avaient chanté sans le voir ; saint Jean-Baptiste lui-même, qui était son contemporain et qui l'avait baptisé dans le Jourdain, se tient à distance, pénétré de respect. Plus heureux que tous

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les autres, saint Joseph porta Jésus dans ses bras, et mérita par ses vertus et ses services que l'Evangile l'appelât son père. Quand Jésus fut prêt pour aller prêcher la vérité aux peuples, saint Joseph put s'endormir en paix sous les bénédictions de son divin pupille. Il avait consommé son œuvre : il faisait au monde le plus beau présent qu'il eût jamais reçu. Le monde devait le lui rendre, en lui dressant dans l'histoire un piédestal qui élèverait sa taille par-dessus les astres. L'homme fidèle recueillera de magnifiques louanges. — Celui qui se constitue le gardien de son maître se couvrira de gloire *. Ceci semble avoir été écrit pour saint Joseph.

ni

On pourrait croire qu'il n'y a rien à prendre pour l'ouvrier dans cette page delà vie de saint Joseph : c'est une illusion. A la hauteur où Dieu l'a mis il est surtout admirable ; mais il est encore imitable.

Il y a deux gloires qui appartienent à l'ouvrier, quand il le veut : celle de sa race et celle de son christianisme. L'ouvrier est souvent de race royale. Je donne ce nom, sans flatterie, à une maison d'honnêtes gens qui n'ont d'autre for-

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