Prov., xxvHi, 18. — sxviii
b SAINT JOSEPH
tune que leurs bras, d'autre prestige humain qu'une réputation sans tache, ni d'autre influence sociale que leurs services obscurs et la force de leurs vertus. Avec cela, ils sont une dynastie qui déploie ses rameaux, tantôt attachée à la glèbe, tantôt courbée sur le métier ; qui traverse les siècles sans se laisser entamer par l'erreur ou le vice, qui sème sur sa route des principes féconds, qui laisse après elle des exemples utiles, et recueille, en passant, l'estime de tous. C'est un ancêtre qui l'a fondée avec ses outils et avec son âme. Ses outils sont héréditaires ; son âme se promène à travers les générations qui sortent de son sang et les anime d'un même souffle de vie. On sait son nom au village ; on respecte le toit qui fut son berceau et le coin de terre oii est creusée sa tombe. La race des braves gens n'est plus aussi étendue qu'autrefois dans les classes laborieuses ; elle n'est pas morte cependant : en tout cas, elle est belle. Le sage qui Ta rencojitrée s'écrie : Oh! quelle est belle larace chaste et quelle est glorieuse! Sa mémoire est immortelle, car elle vit dans lapensée de Dieu et dans le cœur des hommes *.
L'ouvrier doit avoir le culte de sa race. L'homme vit de traditions, comme l'arbre vit par ses racines ; c'est une chose contre nature
i . Sagesse, iv, 1 .