‹ Saint Joseph, ou, La question ouvrière d'après l'évangileChapitre 19 sur 79 · DANS L HISTOIRE · texte numérisé non relu

DANS L HISTOIRE

de rompre avec la chaîne des ancêtres, pour rester un anneau brisé. Personne ne se suffit. Il y a ici un péché d'orgueil qui inspire à quelquesuns le mépris de l'antiquité, sous le fallacieux prétexte qu'elle était dans les ténèbres, tandis que la lumière inonde les temps nouveaux. C'est la théorie du progrès indéfini avec lequel les multitudes se sontfamiharisées et dont elles parlent avec emphase, sans trop comprendre de quoi il s'agit. Maisles déceptions n'ont pas manqué à ceux qui proclamentla supériorité de notre siècle : qu'ils en profitent. L'Kcriture sainte a dit : Malheur à celui qui est seul *. L'homme qui méprise sa race est seul sur la terre ; s'il est seul, il est faible ; la tempête le ballotte et il échoue tristement avec ses prétentions.

C'est un autre péché contre les ancêtres de déserter leur profession. Il produit un mal terrible et très-répandu de nos jours, qu'on appelle le déclassement. Ceux que Dieu prédestine à sortir de leur condition sont marqués d'un signe éclatant, qui est le génie : le génie est rare. Les majorités sont faites pour rester ce que la naissance les fit : elles composent l'armée du travail. Quand donc l'ouvrier laisse l'outil pour la plume, il ne monte pas : il déserte.

Le déclassé est devenu un type qu'on rencontre

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