‹ Saint Joseph, ou, La question ouvrière d'après l'évangileChapitre 21 sur 79 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

SAINT JOSEPH DANS l'ÉGLISE.

Allez â Joseph.

(Gesèse, XLI, 55.)

L'Eglise sort de rincarnation, comme le fruit de la fleur. L'Eglise n'est'que l'extension de rincarnation dans le temps et l'espace. Elle l'applique aux âmes ; elle en réalise toutes les promesses, parce qu'elle en exploite toutes les efficacités.

C'est pourquoi le rang que saint Joseph a occupé dans le mystère de l'Incarnation lui en assure un très-considérable dans l'Eglise. En effet, nous trouvons dans l'Eglise les mêmes éléments que nous avons rencontrés dans l'Incarnation : Jésus, Marie, Joseph. Ces éléments allaient s'épanouirensemble, quoique en des mesures inégales.

La simultanéité du culte de Jésus et de Marie est admise. Les catacombes creusées sous les assises de Rome en gardent la preuve, qui augmente à chaque coup de pioche qu'on donne dans le tuf. Le nom de Jésus et le nom de Marie devaient être, à la même heure, sur les mêmes lèvres chrétiennes ; le premier temple qui fut bâti par la foi devait contenir deux autels, l'un pour Jésus et l'autre pour Marie. Quand aucun monument antique ne rétablirait, il faudrait l'affirmer. Il y a ici la force des choses : on ne pouvait pas séparer le fils de la mère.

Le culte de saint Joseph a un berceau plus obscur. L'obscurité semble être chère à saint Joseph ; sa vertu la rechercha, pendant sa vie ; sa gloire s'y réfugie après sa mort ; mais ici encore la conjecture n'est pas risquée. Quelle que soit la réserve de l'Evangile vis-à-vis de saint Joseph, il l'a nommé assez souvent, en racontant les principales scènes de la vie de Jésus, pour qu'il ait dû fixer de bonne heure l'attention des fidèles, jaloux de lui payer par leur piété ce qu'il avait fait pourtour salut. Des personnages qui sont au second plan dans l'histoire de l'Incarnation, les pâtres de Bethléem, les mages de l'Orient, le vieillard Siméon, Anne la prophétesse. Madeleine, Joseph d'Arimathie, furent honorés de l'Eglise naissante. Saint Joseph, l'é-

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poux de Marie et le protecteur de Jésus, ne resta pas inconnu. Mais toutes les origines sont voilées : nous ne devons pas être surpris que celles du culte de saint Joseph échappent à nos investigations.

Quoi qu'il en soit, saint Joseph arriva vite à la popularité. Il a des caractères qui le mettent à part dans la famille des saints :1e plus saisissant c'est l'universalité.

Tout ce qui est catholique est universel. A ce titre, les saints, qui remplissent le ciel de leur gloire, couvrent la terre de leurs influences. Cependant la popularité n'est pas la même pour tous. Il y a des saints provinciaux, et d'autres qu'on pourrait appeler nationaux, parce quïls sont peu connus par delà certaines frontières. Mais les saints qui occupent les sommets de la hiérarchie sont honorés partout; je n'hésite pas à placer saint Joseph parmi ces derniers. Pourquoi n'affîrmerais-je pas qu'il les surpasse tous? Jésus-Christ a dit en parlant de Jean-Baptiste : De tous les enfants nés de la femme, il n'en a pas paru de plus grand que lui ^ .^\i\ n'a osé prétendre que la Vierge Marie fût comprise parmi ces

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