‹ Saint Joseph, ou, La question ouvrière d'après l'évangileChapitre 34 sur 79 · VIU · texte numérisé non relu

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Le premier devoir de l'époux, c'est la fidéhté : la religion la lui impose, l'honneur la lui prescrit. La fidélité est la chevalerie de l'amour. La fidélité de l'époux n'a pas pour base les qualités de l'épouse, sa jeunesse, ses charmes, son esprit, son bon caractère, les services qu'elle rend à la famille : ces qualités n'existent pas toujours. La fidélité s'appuie sur un fond plus solide, qui est le serment. Le serment obHge quand on le prête à la profession, à la constitution nationale ou au drapeau : le serment fait à une jeune fille, devant l'autel, sous les regards de Dieu et de la société, n'oblige pas moins. Il serait au moins étrange que ceux qui se piquent le plus de loyauté dans les affaires humaines, s'en dispensassent en matière aussi déhcate.

Dans la \ie conjugale il y a des choses qui affaiblissent le sentiment du devoir ; il y en a d'autres qui le fortifient, Le temps est le grand ennemi à craindre; mais si d'une part U refroidit l'ardeur des sympathies, de l'autre il crée des souvenirs : on sait assez la puissance des souvenirs. Quand deux époux \ieillissent en se tenant par la main, ils vivent de leur passé où ils retrouvent des joies évanouies, des épreuves partagées et des succès communs. En remontant par la pensée cette route semée d'épines et de fleurs, ils se décident à l'achever ensemble. L'espérance de rester unis jusque dans la mort, et de dormir un jour dans le même tombeau, n'est pas sans quelque charme.

Mais l'époux chrétien ira puiser ailleurs que dans la poésie la force de respecter les lois du mariage. Il n'aura'garde de s'autoriser du blancseing que le monde accorde trop aisément aux désordres de l'homme. Il s'inspirera de sa conscience et non pas de l'opinion, qui n'est pas son juge. Il ne se permettra pas ce qu'il ne pardonnerait pas à sa compagne, qui n'est pas, sous ce rapport, de pire condition.

Mon fils, buvez de l'eau de votre citerne et des ruisseaux de votre fontaine. Que les ruisseaux de votre fontaine coulent dehors et répandent vos eaux

dans les rues; possédez- les seul et que les étrangers ny aient point de part.

Que votre source soit bénie; vivez dans la Joie avec la femme que vous avez jyrise dans votre jeunesse; quelle vous soit comme une biche très-chère et comme un faon très-agréable . Que ses mamelles vous enivrent en tout temps et que son amour soit toujours votre joie.

Mon fils, pourquoi vous laissez-vous séduire par une étrangère? Et pourquoi vous reposez-vous sur le sein d'une autre ? Le Seigneur regarde attentivement les voies de l'homme et il considère toutes ses démarches.

Le méchant se trouve pris dans l'iniquité et il est lié par les chaînes' de ses péchés. Il mourra parce qu'il n'a pas reçu la correction, et il sera trompé par l'excès de sa folie *.

Le second devoir de l'époux chrétien, c'est le dévouement.

On ne peut assigner au mariage que deux fins: le plaisir ouïe dévouement. La première est indigne de l'homme : le plaisir peut le distraire un quart d'heure; il ne saurait être sa vocation. Tout chez lui proteste contre cette avilissante

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