‹ Saint Joseph, ou, La question ouvrière d'après l'évangileChapitre 37 sur 79 · Job. — 2. Missel romain · texte numérisé non relu

Job. — 2. Missel romain

achever ce chapitre sans donner à l'ouvrier pour qui je travaille quelques conseils utiles. On peut écrire dans un livre ce qu'on ne peut pas dire dans un discours.

Donc l'ouvrier chrétien ne fera pas trop durer ce que l'on appelle, dans la langue du monde, la vie de garçon. Le célibat, difficile à garder à tout âge, Test surtout à vingt ans. Le jeune ouvrier qui se préserve des entraînements du mal est une espèce de miracle : le miracle est une exception. Il regardera le mariage comme un port de salut où il pourra s'abriter contre les orages : il se hâtera d'y entrer, autant que les conditions de son existence le lui permettront.

Il ne commettra pas la faute de se vouer au célibat à perpétuité et par état, à moins, qu'inspiré de Dieu, il ne se consacre à l'éducation des enfants ou au soin des malades dans un institut religieux. Le célibat monastique a sa fécondité : l'autre est ordinairement une lâcheté et une mauvaise action; il ne profite à personne : plût à Dieu qu'il ne nuisît à aucun intérêt. Mais la moralité publique ne s'en trouve pas bien.

Devenu époux , l'ouvrier chrétien n'aura qu'une ambition, celle d'être père. C'est le cri de la nature : il ne doit pas l'étouffer dans un dessein égo'iste. Je ne veux pas entendre ici son plaidoyer : je connais les circonstances atténuan-

56 s. JOSEPH ÉPOUX DE LA VIERGE MARIE.

tes du péché; toutes les responsabilités ne sont pas pour lui : une bonne part en revient aux institutions sociales de l'époque, et à ceux qui s'opposent à leur réforme. Mais le devoir reste quand même : qu'il sache l'accomplir. Il doit se reposer sur la Providence du soin de l'avenir ; des exemples assez fréquents établissent qu'on ne compte jamais en vain sur ses interventions. Ceux qui font autrement ne sont pas plus riches: le plaisir dévore ce que l'égoïsmo a amassé.

Au lieu d'obéir h d'indignes calculs, Touvrier chrétien s'inspirera de pensées plus élevées. La patrie lui demande des soldats qui puissent la défendre des invasions des races prépondérantes ; qu'il ait pitié de la patrie menacée dans son avenir. L'Eglise attend de lui des fils qui chantent son symbole, et portent sa croix en triomphe; qu'il ne trompe pas son espérance. Dieu veut peupler son ciel d'élus qui l'adorent pendant l'éternité ; oserait-il le laisser dans sa solitude et amoindrir la somme possible des hommages auxquels il a droit ? C'est à ces grands intérêts que le mariage se rapporte : le détourner de sa fin pour le faire servir aux vulgaires satisfactions de la personnalité, c'est un crime et un malheur.

Page 1