‹ Saint Joseph, ou, La question ouvrière d'après l'évangileChapitre 40 sur 79 · SAINT JOSEPH CHEF DE LA SAINTE FAMILLE. LA FAMILLE · texte numérisé non relu

SAINT JOSEPH CHEF DE LA SAINTE FAMILLE. LA FAMILLE

Ils trouvèrent Marie et Joseph, et l'enfant couché dans une crèche.

(Lcc, II, m.)

Jésus, Marie et Joseph sont inséparables. Ces trois noms étaient unis à la même heure dans la pensée de Dieu, quand il décrétait l'incarnation du Verbe. Ils sont unis dans l'Evangile, à la crèche, en Egypte, au temple, à Nazareth : partout ils vont ensemble. Ils devaient rester unis dans l'histoire, dans la foi et dans la tendresse de tous les cœurs chrétiens.

Jésus, Marie et Joseph sont la Trinité de la terre ; ils sont l'image la plus réelle de la Trinité du ciel. Ils composent la sainte famille.

L'auguste Trinité est l'exemplaire de la famille. Parce que l'homme est créé à la ressem-

blancedeDieu, comme Dieuilestintelligent, libre et immortel. Mais s'il était seul ici-bas, ou s'il n'avait de relations qu'avec d'autres êtres indépendants, sa ressemblance avec Dieu serait incomplète.En effet, Dieu, qui est un, est en même temps plusieurs: ilestPère,ilestFils, il est Saint-Esprit. Sa vie intime se compose des relations nécessaires qui existent entre les trois personnes que renferme sa nature. Ce n'est donc pas l'individu qui exprime le mieux Dieu ici-bas : cet honneur appartient à la famille.

Donc l'homme se termine par la famille. Sa principale gloire consiste à la fonder : c'est une gloire égale pour tous, parce qu'elle est au-dessus du rang et de la fortune. Ici l'ouvrier et le prince se valent : entre eux la jalousie est impossible.

L'homme ne fonde une famille qu'à l'âge parfait. La nature le prépare avec amour à cet acte solennel : elle fait mûrir sa raison au soleil de l'expérience ; elle développe son organisme et lui prodigue la forc^ et la beauté; elle creuse son cœur, qui a besoin de devenir -profond, car bientôt il ne sera plus seul. Jusque-là l'homme n'est qu'une espérance. La plus brillante jeu-

nesse n'est qu'une illusion, si elle s'arrête à ses plaisirs. Mais quand Thomme communique sa vie, quand son sang se transfigure, et qu'il peut le saluer avec enthousiasme dans des êtres sortis de lui, qui portent son nom, qui ont les traits de son visage et l'étincelle de son génie, alors l'homme est plus que lui-même. Hier il était un effet : aujourd'hui il est une cause ; hier il était un : aujourd'hui il est p lus ieu7's\ il s'est épanoui; il s'est couronné de rameaux qui ombragent sa tête ; et, comme Jessé, il demeure la racine de sa postérité.

Or la gloire oblige. L'homme quia fondé une famille doit la soutenir. Uhomme, dit l'apôtre, est le chef de la femme * ; il pourra donc partager le devoir avec elle ; mais la meilleure part lui revient. Dieu lui a donné ce qu'il faut pour cette fonction : il a du bon sens, il a du nerf; il est destiné à être la tête et le bras de la famille.

Il lui fournira des principes et du pain; les principes sont pour l'âme, et le pain pour le corps. La famille est tout cela.

Avant tout, des principes. Par là j'entends une petite somme de vérités reUgieuses, mora-

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