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Et comme les parents de l’Enfant-Jésus l'y appor- : taient, afin de faire pour lui selon la coutume prescrite par la loi, il le prit entre ses bras, bénit Dieu et. dit: Maintenant, Seigneur, laissez, selon votre parole, votre serviteur s’en aller en paix; puisque mes yeux ont vu le Seigneur qui vient de vous, que vous avez préparé à la face de tous les peuples; pour être la. lumière qui éclairera les nations, et la gloire d'Israël, votre peuple. Et son père et sa mère étaient dans l'admiration des choses que l'on disait de lui. Et Siméon les bénit et dit à Marie, sa Mère: Celui-ci à été établi pour la ruine ei la résurrection d’un grand nombre en Israël, et en signe que l'on contredira. Et un glaive traversera votre âme, afin que les pensées de beaucoupdo cœurs soient révélées.
Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser; elle était fort avancée en âge, et elle avait vécu sept ans avec son mari, depuis sa. virginité. Restée veuve, et âgée alors de quatre-vingtquatre ans, elle ne quittait point ie Temple, servant Dieu nuit et jour dans les jeûnes et dans la prière. Elle aussi, survenant à cette même heure, louait le Seigneur et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient. la rédemption d'Israël (1). »
(1) Luc, C. II, 25-88.
L'auguste Marie et saint Joseph entendirent le cantique de Siméon et admirèrent la sublimité de l'esprit qui le faisait parler. L’Evangéliste apuelle Marie et Joseph parents de l'Enfant-Jésus, selon l'opinion du peuple, parce que la chose se passa en public.
Au moment où le saint Vieillard Prononçait les paro- ‘es prophétiques de la passion et de la mort du Seigneur, marquées par ces termes de glaive et de signe de contradiction, l’Enfant-Jésus baissa lui-même la tête. Par cette action et par Plusieurs actes d'obéissance intérieure, il accepta la prophétie du vieillard Siméon, comme une sentence du Père éter ‘noncée par son
ministre. La tendre Marie Compr out cela: et, par l'intelligence de mystères si douloureux, elle commença, d'ép. méon, en ayant
scandale
"il serait.
Synago-
Eglise au sein de la genti-
lité; le triomphe que son adorable Fils remporter ait. sur les démons et sur Ja mort, mais qui lui coûterait bien cher, puisqu'il ne le reMporterait que par la mort.
ignominieuse et douloureuse de la Croix ; les contradictions que l’Enfant-Jésus essuierait en lui-même et en son Eglise de la part de l'innombrable multitude des réprouvés; et enfin l'excellence des prédestinés. Cette auguste Reine comprit toutes ces choses ; et, élevée, dans le mélange des sentiments de joie et de douleur qu'éprouvait son âme, aux actes les plus parfaits par la compréhension de ces inénarrables mystères et par la prophétie de Siméon, elle se livra à l’exercice des vertus les plus éminentes, et grava dans son cœur, sans en perdre jamais le souvenir, tout ce que lui apprirent les paroles prophétiques de Siméon et tout ce que lui montra la lumière divine. Elle regardait son très saint Fils avec une si vive douleur qui renouvelait continuellement les amertumes de son âme, qu'elle seule, comme Mère, et Mère d'un Fils Dieu et homme, ressentit dignement ce qui ne nous touche point à cause de la dureté: et de l'ingratitude de nos cœurs.
Le saint époux Joseph pénétra aussi plusieurs points des mystères de la rédemption et des souffrances du très doux Jésus, lorsqu'il entendit ces prophéties. Mais la connaissance que le Seigneur lui en donna ne fut
pas aussi étendue ni aussi générale que celle de son au-
guste Epouse; et cela pour diverses raisons, et parce que le saint n'en devait pas voir l'entière réalisation pendant sa vie. -
Pour nous rendre distante de Jérusalem ers le soleil du Midi.
La route est belle, macadamisée, à l'Européenne. Des voitures publiques font le trajet facilement en moins de trois quarts d'heure (1). Nous marchons à pied comme de vrais Pèlerins. 11 est encore grand matin ; le temps est splendide, Nous sortons de Jérusalem, en petits groupes, par la porte occidentale. Le chemin est déjà encumbré de voitures, de chevaux, de petits ânes qui trottinent, de moucres qui crient et d’une foule de pèlerins et pèlerines, catholiques et protestants, Russes, Grecs, Arméniens, Cophtes, Syriens, Abyssins, tous schismatiques. Ces derniers se rendent à la grotte de la Nativité, pour leurs Fêtes de Noël. On sait que les schismatiques orientaux n’ont point accepté le Calendrier grégorien: ils suivent le vieux style et par suite se trouvent en retard de douze jours avec l'Eglise Latine. La route, au sortir de la Ville, infléchit à gauche et traverse la célèbre vallée de Géhon; après quoi elle (1) Les Pélerins qui nous ont précédé ne connaissaient pas ces chemins Douveaux. Ils visitaiont la Terre-Sainte À cheval, montés sur de petits
es, ou à dos de chameau, souvent à travers les rochers, suivant les sentiers des chèvres.
monte rapidement. Du haut de cette montée l'on décou- ‘ vre, à l'Orient, semblable à une immense muraille, la longue chaîne des montagnes de Moab, et le regard plonge dans le bassin profond de la Mer Morte. Le ciel est sans nuage ; l'atmosphère, d’une agréable fraîcheur. Le soleil illumine déjà de ses feux les mystérieuses solitudes de l'Arabie Pétrée; mais ses rayons arrêtés encore par les montagnes n'éblouissent pas nos yeux. Un double sentiment de tristesse et de terreur s'empare ici de l’âme du Pèlerin: ses souvenirs le portent à quarante siècles en arrière. Ces plaines, autrefois fertiles, arrosées de grandes eaux et que le Neveu du Père des Croyants avait choisies pour le lieu de sa demeure, étaient un séjour de délices... le jardin du Seigneur. Les habitants de ces régions fortunées, abusant, dans leur ingratitude, de ces riches dons du Ciel, tombèrent dans une affreuse corruption. Le cri de leurs iniquités était monté jusqu’au ciel Dieu, dans sa colère, fit descendre une pluie de souffre et de feu sur Sodôme et sur Gomorrhe, et réduisit en cendres, dans une immense conflagration, toutes ces villes, avec leurs habitants, avec tout le pays d'alentour, et avec tout ce qui avait quelque verdeu: sur la terre.
Le Sage, rappelant la délivrance de Loth qui échappa par la fuite, du milieu des méchants, assure, après tant de siècles, que la corruption des habitants de la
Dieu plane encore
contrée où règnent
mort, Après ce souvenir
Biblique, qui laisse un grand serrement de cœur, en
voici un autre qui remplit l'âme de surprise et d'hu-
miliation. C'est le plus sage des Rois, devenu le plus insensé des hommes.
Le Mont du Scandale est en face de nous, au soleil levant, immédiatement au-delà .de la Vallée du Jugement. Salomon était déjà vieux, disent nos Saints Livres, lor-que son cœur se laissa corrompre au point d'adorer les faux dieux : Astarthé, déesse des Sidoniens, <t Moloch, l'idole des fils d'Hennon, et Chamos, l'idole des Monbites à qui il bâtit un temple sur la montagne de Jérusalem.
Ah! pauvre cœur humain, insondable abime! Le scandale de Salomon cause des ravages incalcuiables dans l'esprit de ses successeurs, La Vallée des fils de Hennon est à nos pieds. Elle était aussi un lieu de délices. Les somptueux jerdins du Roi étalaient leur luxuriante végétation à son extrémité orientale. Les Juifs en firent un lieu d'abominations. Devant cette
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révoltante ingratitude d'un peuple toujours inondé des bienfaits du ciel, lé Seigneur en courroux dit: « Je châtierai Jérusalem, et je ferai descendre sur ses habitants un déluge de maux, parce qu'ils m'ont abandonné et qu'ils ont profané ce lieu en offrant des sacrifices aux Divinités étrangères, crime autrefois inconnu à eux et à leurs pères; et parce qu'ils ont élevé un temple à Baal, où ils sont assez insensés et assez cruels pour brûler leurs propres fils et leurs propres filles, en holocauste à Baal, leur affreuse idole. C'est pourquoi le temps va venir où l'on appellera ce lieu de délices, la. Vallée du Carnage'» On connaît tous les maux qui, depuis la captivité de Babylone, fondirent sur cette Ville apostate et sacrilège. On frémit encore au seul souvenir des horreurs qui accompagnèrent et suivirent sa prise et sa destruction par les Romains. La grande prédiction de Jérémie était accomplie sur elle. Son peuple est resté la fable et la raillerie des nations et. le passant est frappé de stupeur à la tue de ses ruines ! Ces graves et mélancoliques pensées saisissent l’âmedu pèlerin qui s'achemine vers la Cité de David. Cependant, il arrive sur le plateau, et il a devant lui une plaine ouverte qui le console de ses premières triste:ses. À une certaine distance de la route, à notre droite, dans cette antique nlaine des Géants, nous remarquons ‘ une ruine jaunâtre. La pieuse tradition veut que ce
VIS DE 8. JOSEPH 137 a soit là l'ancienne maison du saint vieillard Siméon qui tenant dans ses bras tremiblants le Sauveur du monde le proclama destiné par Dieu son Père, pour être la lumière des peuples et la gloire d'Israël. Ces ruir.es aujourd'hui, presque à ras de terre, avaient du temps de notre Père Quaresmius au dix-septième siècle, la forme d’une tour, avec une citerne et dix petites chambres. Continuant tranquillement, malgré la foule, notre marche à travers la plaine, nous iméditons avec délices le doux mystère de la Sainte Famille qui avait passé plus d'une -fois par ce même chemin. Après avoir traversé la vallée de Raphaïm, on nous montre un peu à notre droite l'endroit où se trouvait le fameux Térébinthe. Une antique légende l'appelle l'arbre de la Vierge. C'est à l'ombre de cet arbre vénérable, au témoignage de Boniface de Raguse, ancien Custode de Terre-Sainte, que la Sainte Vierge se reposa, lorsqu'elle porta son divin Enfant, de Bethléem à Jérusalem, pour l'offrir au Seigneur dans le Temple. Cet arbre, par la vertu du Très-Haut, inclina ses branches jusqu’à terre, pour couvrir l& Sainte Famille de son ombre rafratchissante, comme le devait faire plus tard le gigantesque sycomore d’Héliopolis, lors de la fuite-en Egypte. Ce Térébinthe était tenu en grande vénération par tous, croyants et mécréants, jusqu'au jour regrettable où le Musulman, alors propriétaire du terrain, poussé par un
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