‹ Saint Joseph, sa vie -son culte [microforme]Chapitre 24 sur 87 · acte sbnmrtetessabetnétie · texte numérisé non relu

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138 VIE DE 8, JOSEPH M sentiment de sordide avarice, porta sur lui ses mains-sacrilèges, le déracina et le livra aux flammes: les visiteurs endommageaient le champ de blé qu'il cultivait à l'entour! Les cathohques et tous les pieux pèlerins, dit un témoin occulaire, auteur du temps, en allant à Bethléem, ou revenant à Jérusalem se mettaient dévotement à genoux, au pied de cet arbre, faisant le signe de la croix et implorant avec ferveur la protection de Jésus et de sa divine Mère qui s'était autrefois (avec saint Joseph) reposée sous son ombrage ; et lorsqu'ils étaient assez heureux pour en obtenir un peu de bois, ils le reyardaient comme une vraie relique, plus précieuse que l'or, et ils en fabriquaient des chapelets, des croix ou quelqu'autre objet de piété. Si les Supérieurs de Terre- Sainte, dans leur sage prévision, n'avaient point mis l’excommunication pour quiconque toucherait à cet arbre tant de fois séculuire, l'indiscrète dévotion des pèlerins l'aurait depuis longtemps déchiqueté jusque dans ses racines (1). Les Musulmans eux-mêmes le tenaient en grande vénération et en racontaient des choses vraiment merveilleuses. Voici ce qui arriva, en effet, il y a peu d'années, à ün disciple de Mahomet. Une nuit done que cet homme, comme les bergers, la nuit de Noël, veillait

(1) Cette remarque de notre Auteur donnerait à supposer que cet Arbre vénérable était, de son temps, la propriété de Terre-Sainte, autre: ment sa réflexion smblersit manquer de vraisemblance.

VIE DE 8. JOSEPH 139 —— — — == sur son troupeau, à une :»xtite distance de cet arbre, il vit sortir du Térébint e un grand jet de flammes qui s'élevaient vers le ciel. Plein d’étonnement, comme autrefois Moïse, il s'approcha avec recueillement pour contempler cette grande vision. Le Térébinthe, semblable à un buisson ardent, brûlait et restait intact au milieu de cette grande flamme. Le zèle des Musulmans les portait parfois si loin, qu'ils se mettaient en devoir d'éloigner, à coups de pierres, nos pauvres Religieux eux-mêmes, lorsqu'ils voulaient se mettre à genoux pour prier sous l'ombrage de l'Arbre de Marie, de peur qu'ils ne vinssent à en couper quelque rameau, ce que les seuls Supérieurs permettaient de nuit et très secrètement.

En passant devant le Térébinthe détruit, nous demaudons une bénédiction à la Sainte Famille et nous arrivons près d'une citerne creusée le long de l'ancienne . tonte suivie par le divin Jésus et par Joseph et Marie et jointe aujourd'hui avec la ronte nouvelle: c'est le puits des Rois Mages. C'est ici, d'après la tradition, que l'étoile qui avait disparu lorsqu'ils se présentèrent devant Hérode, à Jérusalem, leur apparut de nouveau, pour les conduire directement à Bethléem.

Nous allons marcher maintenant sur les pas de Marie et de Joseph se rendant à la Cité de David, leur illustre ancêtre, dans la soirée qui précéda la mystérieuse nuit de Noël. La route de Bethléeu, on le voit, est toute

140 ; VIE DE S. JOSEPH n——————— ne semée de souvenirs bibliques. A quelques pas du puits’ des Mages, on atteint l’ancien Couvent de saint Elie, habité autrefois par de vrais Saints, desservi aujourd’hui par les aveugles disciples de Photius. En face du couvent, à droite du chemin, on montre sur un rocher en relief, l'empreinte d’un corps humain, jadis très bien marqué, assure-t-on ; présentement, à peine reconnaissable. Une pieuse croyance mais qui s’harmonise diffcilement avec nos Saints Livres, établit là le point précis où le Prophète se reposa, lorsqu'il fuyait les poursuites d’une reine impie qui voulait le faire mourir. L'apparition de l’Ange qui secoue le Prophète endormi, sous le génévrier, de lassitude et d'ennui; la cruche d’eau fraîche; le pain mystérieux: tout serait là! Par un singulier rapprochement, le Bédouin errant, la Bédouine vagabonde s'arrêtent toujours près de cette pierre; ils y mangent un pain cuit sous la cendre, et puisent dans la citerne voisine une eau fraiche, avec leur cruche traditionnelle. Les pèlerins tombent à genoux dans ce même lieu: ils demundent la protection du prophète Elie; et, s'ils sont prêtres, une large participation à son zèle. Les âmes contemplatives suiveut. le Prophète, à travers le désert, dans sa marche irrésistible de quarante jours et de quarante nuits, jusqu’à la montagne d'Horeb: c'est pour apprendre là à connaître le véritable esprit du Seigneur, esprit qni se manifeste, non

VIE DE 8. JOSEPH 141 E——————— dans le souffle impétueux qui renverse les monts et broie les rochers, qui fait osciller la terre et jaillir le feu des volcans, mais dans le souffle presque imperceptible d'un léger zéphyr.

En quittant les hauteurs de Saint-Elie, nous apercevons à notre gauche, très distinctement, malgré les rayons du soleil, à travers les déchirures des montagnes, l'eau dormante du Lac Asphaltite. Un peu plus loin, à droite de la route et devant nous, sainte Rachel, l'épouse bien-aimée du patriarche Jacob, se présente à nous, comn:' ane vision, mourante, mais résignée dans ses profondes douleurs. Sur les bords du chemin s'élève sa tombe: tout passant s'incline avec émotion et la vénère: les schismatiques lui adressent une prière : les catholiques l'invoquent comme leur Sainte. Les restes dispersés d'Israël, les pauvres Juifs, non seulement lui adressent une prière, mais ils viennent de Jérusalem faire de nombreux et fréquents Pèlerinages à son tombeau.

Encore un demi-mille et nous touchons au terme de notre matinale pérégrination, la joyeuse et active cité de Bethléem. Le pèlerin, en entrant dans cette petite ville, sent une joie qui surabonde dans son cœur. Je n'étais point le premier à éprouver ces douces émotions : elles sont communes à tous. Jérusalem est la ville des Pleurs : Bethléem, la cité de la douce allégresse (1)1»

(1) Bethléem, 25 décembre 1876. Souvenir de notre premier Pèlerinage.

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