‹ Saint Joseph, sa vie -son culte [microforme]Chapitre 30 sur 87 · TR EE S · texte numérisé non relu

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172 ” VIE DE S. JOSEPH EE Très-Haut par mille actions de grâces de l'avoir choisie entre toutes pour être sa Mère et pour être conçue sans péché et élevée à une gloire enrichie de toutes les faveurs de sa puissante droite, dont une simple créature pût être capable. Pour exalter et glorifier ces mystères, et tant d'autres qui s'y trouvaient renfermés, l'Enfant disait et la Mère répondait ce que les hommes ni même les Anges ne sauraient exprimer. Marie ne manquait pas de prendre le plus grand soin de son adorable Fils, et cela avec des marques d'attention et des sentiments de tendresse et d'amour que toutes les autres mères ensemble n'ént pu et ne pourront jamais témoigner à leurs plus aimables et leurs plus gracieux enfants ! L'heureux Joseph était souvent témoin de ces mystères divins, et il en recevait quelque lumière qui lui adoucissait les peines du voyage; et sa divine Epouse l'encourageait, prévoyant toutes choses avec un cœur magnanime, sans que son recueillement intérieur l'empêchât de veiller aux besoins extérieurs, et sans que ceux-ci pussent la faire descendre de la hauteur de ses sublimes pensées et de ses fréquentes oraisons jeculatoires; car elle couservait toujours et partout la même perfection.

Nos saints Voyageurs arrivèrent ainsi à la ville de Gaza, d'où, après une halte de trois jours, ils repartirent pour l'Egypte. En quittant bientôt les régions

VIE DE S. JOSEPH 173 ————— habitées de la Palestine, ils entrèrent dans les déserts sablonneux qu'on appelle de Bersabée et traversèrent plus de soixante lieues d'un pays inhabité avant d'arriver à la ville d'Heliopolis, qui est maintenant appelée le Caire d'Egypte. Ils marchèrent longtemps dans cette solitude, parce que leurs journées étaient fort petites, tant à cause de la grande quantité de sable qu'ils trouvaient que par le défaut de retraite et de vivres. Or, afin qu'on comprenne combien l'Enfént Jésus, la sainte Vierge et saint Joseph y souffrirent, on doit supposer que le Très-Haut permit que son Fils unique fait Homme, son auguste Mère et le patriarche Joseph ressentissent les incommodités du désert. Quoique notre divine Souveraine les endurât avec une grande tranquillité, elle en fut très affligée, ainsi que son très fidèle Epoux de son côté ; car ils soufirirent tous deux de très grandes peines en leurs personnes ; mais le cœur de la Mère en fut beaucoup plus pénétré, à cause de celles de son Fils et de Joseph, bien que celui du Saint le fût aussi à la vue des incommodités que l’Enfant et la Mère essuyaient, et de l'impuissance où il était de les en préserver par es soins. Cependant la divine Providence veilla sur nos augustes Exilés, et toutes les fois que les secours humains leur manquaient (ce qui arriva très fréquemment dans ce long et si pénible voyage) le Seigneur les visitait et les

réconfortait dé ivieusement par le ministère des Anges ! Que les pauvres se réjoui-sent par cet exemple; que les affnés ne se désol-nt plus dans leur détresse; que cuux qui soutfrent persécution e-pèrent le secours et: qe personne ne se plaigne de la divine Provid-nce, en quelque affiiction et en quelque héce+-ité qu'il se trouve. Quand est-ce que le Seigneur a manqué à ceux qui ont mis leur confiance en lui? Quand est-ce qu'il à détourné d'eux ses regards paternels ? Nous sommes frères de son Fils fait homme, héritiers de ses biens, : ses enfants et les enfants de sa très miséricordieuse Mère. Or, enfants de Dieu et de lauguste Marie, comment vous méfiez-vous d'un tel Père et d'une telle Mère: dans vos besoins? Pourquoi leur refusez-vous cette gloire ? Comment renoncez-vous au droit que vous avez de leur demander du secours ? Venez, venez avec humilité et confiance, les yeux de vos parents sont ouverts pour vous regarder, leurs oreilles écoutent les gémissements que vous poussez dans vos nécessités, et les. mains de cette Reine sont étendues pour soulager le: pauvre. Et vous, riches de ce monde, pourquoi mettezvous votre espérance dans vos seules et incertaines richesses, au risque de perdre la foi, et vous engageant. par là dans beaucoup d'afflictions, comme l’Apôtre vous le prédit? Aveuglés par la cupidité, vous ne faites pas. profession d’être les enfants de Dieu et de sa Mère;

au contraire, vous renoncez à cette qualité par vos œuvres, et vous vous déclarez “ En eflet, le fils légitime sait seul s'abandonner aux sc::8 et à l'amour de son véritable père et de sa véritable mère qui se F'aindraient avec raison s'il mettait son espérance en d'autres qui ne leur seraient pas seulement indifférents, mais qui seraient même leurs propres ennemis. La divine lumière m'enseigne cette vérité, et la charité m'oblige de l'écrire. =

Le Très-Haut ne prenait pas seulement soin de nourrir nos pèlerins, mais il les récréait encore d’une manière sensible pour les distraire des fatigues du che. sain et de l'ennui de cette vaste solitude. Il arrivait parfois que la divine Mère s'arrétant avec son Enfant-

Dieu pour prendre un peu de relâche, des multitudes d'oixeaux accouraiént de loin, d'un vol rapide, et la réjouissaient par la douceur de leur chant et par la variété de leur plumage, se mettant sur ses épaules et sur ses mains: et s'ébattant autour d'elle. La très prudente Reine les recevsit et leur ordonnait

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très aimante Mère récréait l'Enfant Jésus par d'autres cantiques plus doux en le bénissant,

176 VIE DE 8. JOSEPH aa et en le reconnaissant pour son Dieu, pour son Fils et

pour l'Auteur de toutes ces merveilles. Les saints anges s'unissaient tour à tour à notre grande Reine et aux petits oiseaux, et formaient tous ensemble un chœur d'une harmonie plus spirituelle que sensible et d'une douceur admirable! Le saint époux Joseph participait à plusieurs de ces mystères et à ces consolations qui lui faisaient oublier la fatigue de la route et ressentir le fruit d'une si douce compagnie, quoiqu'il ne s'aperçut point que l'Enfant parlât à sa Mère d'une manière : sensible, par une faveur qui lui était alors réservée à Elle seule. Et, c'est ainsi que nos saints Persécutés poursuivirent leur voyage d'Egypte.

La fuite du Verbe incarné renfermait d’autres mystères et d'autres fins plus élevés que de s'éloigner d'Hérode pour éviter les effets de sa colère; car ce fut plutôt un moyen que le Seigneur prit pour s'en aller en Egypte et y opérer les merveilles qu'il y fit et dont les anciens Prophètes avaient parlé, notamment Isaïe, lorsqu'il dit que le Seigneur monterait sur un nuage léger, qu'il entrerait dans l'Egypte, que les idoles d’Egypte seraient ébranlées devant sa face, et que le cœur des Egyptiens se troublerait au milieu d'elles; et plusieurs autres choses que cette prophétie renferme et qui arrivèrent au temps de la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Mais laissant de côté ce qui n'entre

salem, plus de deux cents lieues, quoiqu'ils eussent pu arriver en moins de temps à Héliopolis, s'ils eussent suivi la route la plus directe.

Les Egyptiens, on le sait, étaient fort enclins à l'idolâtrie et aux superstitions qui l'accompagnent ordinairement; de sorte que même les plus petites Jocalités de cette province étaient remplies d'idoles. 11 y en avait beaucoup qui avaient leurs temples, dans lesquels plusieurs démons résidaient, et les malheureux habitants y allaient pour les adorer par des sacrifices et des cérémonies prescrites” par les mêmes démons qui répondaient à leurs demandes Par des oracles auxquels <e peuple stupide et superstitieux se soumettait aveuglément. Il était si adonné à l'adoration du démon et si aveuglé par toutes ses fourberis qu'il ne fallait pas

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pas dans mon dessein, je dis que Jésus, Marie ot Joseph,

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178 = VIE DE S. JOSEPH moins que le puissant. bras du Seigneur (qui est le Verbe incarné) pour le ramener de son égarement ét. le retirer de l'oppression dans laquelle Lucifer le tenait, oppression beaueoup plus cruelle que celle que les Egyptiens eux-mêmes avaient fait peser sur le peupe de Dieu. Pour remporter cette victoire sur le démon, : illuminer ceux qui demeuraient dans la région et dans l'ombre de la mort, ei faire luire à ce peuple cette grande lumière dont Isaïe fait mention, le Tres-Hai t détermina que le Soleil de Justice, Jésus-Christ, para trait peu de temps après sa naissance en Egypte entre les bras de sa bienheureuse Mère et qu'il parcourra t ce pays en l’éclairant des rayons de sa divine lumière. Or, l'Enfant Jésus arriva avec sa Mère et saint Joseph aux endroits habités de l'Egypte. Et lorsque le divin Enfant, porté sur les bras de l'auguste Marie, entrait dans une bourgade, il levait les yeux au ciel, et, les mains jointes, priait le Père éternel, et lui demandait le salut de ces habitants esclaves du démon. Et. usant aussitôt de sa puissance divine sur ces malins. esprits qui animaient les idoles, il les précipitait. dans les ténébreux abîmes, de sorte qu'ils tombaient. avec la rapidité de la foudre dans les dernières profondeurs des cavernes infernaler. Au même instant, les ido-les, les temples, les autels de l'idolâtrie s'écroulaient avecfracus. La cause de ces prodigieux effets était connue-

à notre divine Souveraine, celles de son très saint Fils, ver-elle du salut du genre humain. Saint Joseph décou-

tissent la force du pouvoir de Dieu, ils ne savaient Pourtant pes d'où sortait une telle vertu.

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