CH2PITRE DIX-NEUVIEME
Sommaire : Jésus à douze ans dans le douleur de Marie et de Joseph, — I]s trois jours, au Milieu des Docteurs,
Temple. — Extrême j le retrouvent, après LE
Jésus, Marie et Joseph avaient coutume de se rendre
tous les ans au Temple pour Y célébrer la pâque des pains sans levain ; et, Par suite de cette habitude, ils allèrent à Jérusalem au moment où l’Enfant-Dieu atteignait sa douzième année, quand déjà il convenait qu'il Commençât à faire paraître les splendeurs de son inac-
: coutume de faire, quoiqu'ils fussent ai distingués et si différents de tous les
cachait leur excellence. La
TS
de la ville de Jérusalem, l'Enfant-Dieu quitta ses Parents sans qu'ils s’en Pussent apercevoir, et il demeura caché pendant qu'ils poursuivaient leur voyage, ne sachant pas ce qui leur arrivait. Dans cette circons. tance, le Seigneur profita de la coutume et du grand
que notre adorable Sauveur était avec le patriarche saint Joseph; mais Je Seigneur lui-même la distrays
VIE DE 8. JOSEPH 215 ne Per d'autres pensées divines et saintes, afin qu'elle n'y prit pas garde dès le commencement, et qu'ensuite, lorsqu'elle remarquerait l'absence de son bienaimé, elle crût que le glorieux saini Joseph le menait avec lui, et que ce souverain Maître avait voulu lui ménager cette consolation.
Marie et Joseph marchèrent dans cette pensée pendant tout un jour, comme le dit saint Luc. Or, comme on sortait de la ville par des endroits différents, les étrangers rejoignaient eusuite chacun sa femme ou sa famille. La très pure Marie et son saint Epoux se Tréunirent au lieu où ils devaient passer la première nuit après leur départ de Jérusalem (1). Alors l'au-
sorte qu'ils
parler. Et
Par sa très profonde
humilité, s'accusait soi-même d'avoir par sa négligence perdu de vue le très saint Enfant, parce qu'ils ignoraient l'un et l'autre le mystère et les voies que le Seigneur avait prises pour l'exécuter, Les divins époux,
(1) Voir la gravure au chapitre suivant.
D ee er
Un peu revenus de Jeur étonnement, délibérèrent ensemble avec une extrême douleur sur ce qu'ils devaient.
Cœur en repos si nous n'allons au plus tôt chercher mon très saint Fils. » Ils prirent ce parti, en commengant par en demander des nouvelles à leurs Parents et.
leur augmentèrent.
en leur répondant qu'ils ne l'avaient pas vu depuis. qu'ils étaient soriis de Jérusalem.
"La douleur que la très pure Marie eut dans cette. occasion surpasse celle que tous les martyrs ensemble.
au-dessus de tout ce qu'on saurait concevoir. Sa perplexité était excessive, sans que, comme je l'ai dit, elle: en connût la cause. En outre le Seigneur la laissa
eux, il lui suspendit les autres bienfaits qu'il commu. niquait souvent à son âme très sainte. Par tout ce que je viens de dire, on comprendra un peu quelle devait être la douleur de la divine et très aimaïte Mèro. Mais, 6 prodige de sainteté, de prudence, de force et de perfection ! dans une afäliction si inouïe et dans une peine si extrême, elle ne se troubla point; elle ne perdit ni la paix intérieure ni la paix extérieure: elle n'eut aucun mouvement d'impatience, ni la moindre tristesse désordonnée, comme il arrive d'ordinaire dans les grandes affictions aux autres enfants d'Adam, dont toutes les passions et les puissances se
de le prier pour le genre
la consolation de retrouver
son très saint Fils. Elle le chercha avec cette sagesse divine et avec une extrême diligence, pendant trois jours, De son côté, et pendant ces mêmes trois jours, saint Joseph avait cherché le divin Enfant, tantôt seul, tantôt avec son auguste Epouse, et cela avec des fatigues excessives et une douleur inexprimable, à tel point que se vie aurait été dans un danger manifeste, si la
dente Vierge n'eût eu soir. de le consoler dans son
nourriture et de repos ; car le tendre et sincère amour qu'il portait à l'Enfant-Dieu lui inspirait un si vif désir de le retrouver, qu'il oubliait tout le reste. : Alors, c’est-à-dire après ces trois jours, le Très-Haut, mettant fin à cette pénible et très mystérieuse épreuve, ordonna aux saints Anges d'avertir l'auguste Marie et son saint Epoux Joseph de se rendre au Temple; et là, dit l'Evangéliste saint Luc: « Ils trouvèrent l'Enfant Jésus assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Et tous ceux qui l'entendaient étaient surpris de sa sagesse et de ses réponses. » Notre divine Souveraine, ravie de joie d’avoir retrouvé son trésor, s’approchs de son bien-aimé Fils, et en présence de toute l'assemblée lui dit ce que rapporte le même Evangéliste : « Mon Fils, comment en avez-vous usé ainsi avec nous? Voici que nous vous cherchions, votre père et moi, très affligés. » La bienheureuse Vierge lui fit cette amoureuse plainte avec autant de respect que d'affection, l'adorant comme son Dieu et lui représentant sa douleur comme à son Fils. Le Sauveur lui répondit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? ne saviez-vous pas qu'il fallait que je m'occupasse des choses qui regardent le service de mon Père?»
L'Evangéliste dit que la très pure Marie et saint Josepil n’entendirent point le
dans la joie après
furent tout absorbés
Trésor qu’ils avaient
‘autre part, ils n'arrivèrent pas assez tôt
Pour se mettre au courant de la matière qu'on avait traitée dans cette conférence, Outre
ne fut écarté de ses Yeux que quelque temps
après qu'elle l’eût retrouvé.
L'Evangéliste saint Luc renferme en peu de paroles les mystères de leur vie, à leur retour à Nazareth, lorsqu'il dit que l'Enfant Jésus était soumis à ses parents (c'est-à-dire à sa Très Sainte Mère :
Père nourricier J
sagesse, en âge et e grâce devant Dieu et devant les hommes. L'humilité et l’obéi sance de Notre-Seigneur Jésus-Christ envers se8 parents furent pour les Anges un nouveau sujet d'admirati aussi bien que la dignité et l'excellence de sa très pure Mère qui mérita qu'un Dieu fait homme lui fût
confié et assujetti, afin qu’elle en prit soin avec l'aide de saint Joseph, et qu'elle en disposât coinme d’une
grâce différente de celle qu'elle reçut pour le concevoir et le mettre au monde, de sorte que l'auguste Marie
tellement surabondante qu'elle débordait sur l'âme du bienheureux Epoux saint Joseph, afin qu'il fût aussi
le. digne père putatif de Jésus-Christ et Chef de cette très sainte famille,