‹ Saint Joseph, sa vie -son culte [microforme]Chapitre 42 sur 87 · PT RE · texte numérisé non relu

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pleins d'un saint respect, dans l'intérieur du Sanctuaire,

sont: à l'intérieur ; trente-un pieds, quatre pouces — $ treize pieds, cinq pouces — hauteur : quatorze pieds, deux Pouces. Les saintes murailles, en arrivant en Italie, <taient plus hautes. Paul III, faisant remplacer l'an- <ienne toiture Par une voûte de marbre, dut les faire réduire au niveau qu'elles ont actuellement, Quant à leur épaisseur, il serait difficile d'en faire l'examen aujourd'hui: le haut est totalement recouvert par la <orniche, sur laquoile repose la voûte; et les ouvertures des portes, à l'intérieur, sont revêtues de marbre. D'après d'anciennes mesures, elles auraient vingt-trois Pouces, approximativement: n'ayant pas été dressées trop rigoureusement avec la règle et l'équerre, comme il est facile de le constater, par ce qui en reste visible, il est bien probable que ces proportions sont loin d’être partout les mêmes, Les précieux restes des démolitions ‘faites sous Paul III, se conservent soigneusement, sous Je pavé et sous les marches de l'autel.

Le revêtement, à l'extérieur, ne touche pas les

232 VIEDE & JOSEPH nn saintes murailles: on peut s'en assurer, en introduisant, par endroits, une bougie entre quelques blocs, mal joints. La distance qui les sépare est, en moyenne decent douze millimètres (un peu plus de quatre pouces). I est difficile, après un simple coup d'œil jeté sur la Sainte Maison, de se défendre d'un sentiment d’inquiétude qui toutefois ne tarde pas à changer en admiration. On est effrayé, à la vue de ces frêles murailles, mal assises, manquant d'aplomb, construites avec négligence, Presque en ruines, par endroits, que des mil. liers de pèlerins pressent, heurtent et poussent, sans ménagement. Aucun endroit ne les protège et elles. résistent à ces baisers qui avaient dès la fin du siècle dernier (1700) usé le Christ à la colonne, sculpté surla porte de bronze de l'escalier tournant qui conduit à. la voûte, bien que cette dévotion fût loin d'être générale et que ce Christ n'eût guère alors que 200 ans. Ce frottement continuellement répété des foules qui s'y appuient sans précaution, n'a pas creusé les pierres, et. l'on doit renouveler de temps en temps le pavé et le. degré de marbre qui entoure à l'extérieur la Sainte Maison, Il y a six siècles que toutes ces causes dedestructiôn agissent sur elle, en Italie, et on ne saurait. y découvrir la moindre trace d'altération, beaucoup. moins encore quelque nouvelle menace de ruine, La même Providence s'étend au bois de l’ancienne

porte, aux restes de la toiture. Gaudenti, au dernier siècle, en faisait la remarque, à l'occasion de la poutre enchâssée dans le pavé du fond de la chapelle et qui se Consume à peine sous les pieds des pèlerins, qui la foulent depuis plus de trois siècles. Son niveau n'a pes sensiblement changé depuis le renouvellement du pavé, sous Benoit XIV. Les lames d'argent qui la recouvraient autrefois, furent bientôt usées : les dalles de marbre qui la touchent, sont remplacées de temps en temps: el 2st toujours là, et semble durer autant que la Sainte Maison elle-même.

Nous voici à gauche de l'autel devant la Sainte Armoire. — Elle est conservée sans traces de corruption, telle qu'on la trouva dans la Santa Casa, à son arrivée en Dalmatie, mais renfermée dans un haut de deux pieds, sept pouces, large de vingt-trois, et profond de douze à seize, avec la planche qui la divise et qui pénètre dans le mur avec lequel elle fait corps, est constitué le gardien et le gardien jaloux de deux riches joyaux de la Sainte Famille. Ce sont deux écuelles ou tasses, en terre cuite, d'une couleur blanchâtre, liserées de rouge. La Sainte Armoire ne s'est Pas ouverte devant nous ; et ainsi nous n'avons pas eu la consolation de vénérer ces deux écuelles en forme de tasses dont parle Mgr Gaume dans son pèlerinage à la Santa Casa, en 1843;

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pas plus que les autres trésors qu'elle renferme encore et qui sont ainsi décrits par l'auteur de: {a Sainte Maison de Lorette: « I] reste dans la Santa Casa,

de dévotion présentés par les pèlerins échappa seul au pillage, à la fin du dernier siècle (1). Les deux autres furent moins heureux. Pie VII réussit à les retrouver, mais à moitié brisés par les Vandales qui les avaient dépouillés de l'or dans lequel ils étaient enchâssés. Le Pape les fit revêtir d'une garniture de cuivre ciselé et doré et les renvoya à Lorette, en 1800.» Ce sont précisément les deux écuelles dont parle l'auteur des Trois Romes.

On conserve encore dans la Sainte Armoire, une cassette qui contient, enveloppées de soie, des étoiles dorées et un morceau de planche peint d'azur de l'ancien plafond, ainsi que la copie authentique de la lettre de l’Evêque de Coïmbre, dans laquelle l’humble Prélat annonce su gouverneur de Lorette qu'il renvoie sa précieuse relique (2).

(1) Nous avons vu cette écuelle en 1876, et nous l'avons vénérée avec émotjon.

(2) Une pierre arrachée à la Santa Casa, en vertu d'un Bref, arraché, lui aussi, par des instances importunes, au libre consente. ment du Pape. Aussitôt le Prélat fat pris d’un mal étrange; il comprit l'avertissement du Ciel; et c’est alors qu'il renvoya la précieuse Relique et qu'il recouvra sa sauté première,

Il ÿ svuit encore d'autre vaisselle, dans la Sainte Maison, et dont nous avons donné plus haut la des. cription, à son arrivée en Dalmatie. La Suinte Armoire, du côté de l'Evangile est près de

L'autel. — D'après la révélation faite par la Sainte Vierge à l'évêque de Teratz, cet autel a été uressé par le Prince des Apôtres. Un simple panneau de bois le recouvre, et donne, au moyen d'une large onverture, la consolation aux pèlerins de le voir tout entier. Il est plus petit qu'un autel ordinaire, et bâti en pierres plus grandes et mieux taillées que celles des saintes murailles. C'est du côté de l'Epitre, et tout près de la place primitive de l'autel, que l'on voit maintenue dans le Mur, par deux attaches de métal poli, la fameuse pierre de l'évêque de Coïmbre. Au-dessus est suspendu le boulet de Jules II. Le Pape était présent au siège de la Mirandole. Au moment où il se trouvait réuni avec son conseil, un boulet vint frapper sa tente et la renversa. On pouvait craindre de graves malheurs; pas un ne se sentit blessé: on attribua cette préservation qui tenait du prodige, à Ja Protection spéciale de la Sainte Vierge, à qui le Souverain Pontife avait adressé sa prière, Pour perpituer le souvenir de cet événement et comme témoignage de sa gratitude, il porta lui-même le projectile à Lorette: il ofirit en ex-voto, à la Madone,

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EEE ce même boulet que nous voyons là suspendu audessus de nos têtes.

Il santo camino. — Nous avons hâte d'arriver à la relique la plus chère à notre cœur, dans la Santa Cusd, la Slatue de Marie! Derrière la cloison, à jour, en bois doré, qui divise le sanctuaire en deux parties inésales et à laquelle est adossé l'autel, se trouve l'antique foyer de la Sainte Maison, ou cheminée à l'orientale. Il a été singulièrement modifié par les travaux modernes. On peut y entrer directement de l'intérieur, mais son entrée principale se fait par la porte ouverte dans la muraille sud. On disposa la partie supérieure du foyer en forme de niche pour y placer :

La Statue. — L'Auteur déjà cité nous en fait aussi la peinture fidèle. La Statue est en bois de cèdre, d'un seul morceau, haute de trente - cing pouces. La Sainte Vierge est debout et: porte sur le bras gauche son Fils qui d'une main soutient un globe, image de l'univers, et de l'autre bénit le monde. Leurs cheveux sont partagés sur le front, à —a Nazaréenne, et retombant sur leurs épaules. La Mère est revêtue d'une robe flottante, serrée par une large ceinture et que recouvre, par derrière, un ample manteau. L'Enfant Jésus porte une simple robe, rattachée également par une ceinture. Mais on ne voit que les deux têtes, couronnées d'or et de diamants; le reste disparaît sous

VIE DE 8. JOSEPH 237 = —————— ro le riche manteau que la piété des fidèles a surchargé de perles et de pierres précieuses. Chaque année, le Jeudi et le Vendredi Saint, ces ornements sont remplacés par un voile en mousseline noire, dont les morceaux sont distribués aux fidèles, sous le sceau de la Basilique. En 1797, lors de l'occupation française, le Directoire fit transporter la sainte Statue à Paris. En 1801, le premier consul fit faire réparation de ct enlèvement sacrilège. La Statue fut restituée à Pie VII, qui à la fin de 1802, la rendit à la Sansa Casa, où elle fut accueillie avez une immense joie des bons habitants des Marches.

La Statue était revêtue d'une robe lorsqu'elle arriva à Tersatz, et trois ans après, à Lorette. Cette robe était en laine, couleur de rose desséchée, d’un travail délicat, les fils de la chaîne plus gros que ceux de la trame, analogue au camelotto des Italiens. Sauf la couleur, elle ressemblait à la robe sans couture du Sauveur. On supposait que la Sainte Vierge l'avait tissée de ses propres mains. Elle ne portait aucune trace de décomposition, et n'avait jamais été attaquée par les vers. On la dépo:a dans un magnifique reliquaire et elle était tenue en singulière vénération. Il fallait un Bref du Pape pour la faire sortir de l'armoire où elle était enfermée. Lorsqu'elle devait être exposée dans des circonstances importantes et

pour des raisons d'intérêt général, l'évêque de Recanati convoquait les habitants des Marches tout entières. Il est de trcdition que la grâce ainsi demandée n'a jamais manqué d'être obtenue! Enlevée en 1797, en méme temps que la Statue, elle n'est jamais revenue à Lorette. Les recherches faites à Paris pour retrouver ses traces ont été inutiles... Quelle perte! Afluence des Pèlerins. — Les Communions à la . Santa Casa. — Le Pèlerinage des dix-mille, — Les Pèkrins affluent à la Santa Casa, de l'Italie entière ef de toutes les Parties du monde. I] serait difficile d'en dire le nombre. Leur affluence est plus grande aux deux mois de Mai et de Septembre. Ce sont nos Pères Capucins qui préparent les hosties pour la. sainte Communion. Vers la fin du siècle dernier, ils comptèrent, une année, au mois de Mai, cinquante mille communions, et plus de soixante mille au mois de Septembre. Dans les temps plus rapprochés de nous, la statistique de 1863 donna en moyenne dequatre à cinq cents communions, chaque jour, à l’autel du Très Saint Sacrement ; et à la Santa Casa, de: cent cinquante à deux cents. Le 31 Mai de cette même année, au seul autel de l’Annonciation qui est. adossé, à l'extérieur de la Santa Casa, au mur qui regarde le couchant, le prêtre, dans la jubilation, distribua À cing mille personnes le Dieu de l'Eucharistie,

et quarante mille hosties furent distribuées dans la Première quinzaine de Septembre !

La bataille de Lépante est restée un événement mémorable dans les Annales de l'Eglise. Pie V avait ordonné des prières à la Santa Casa: on les continua jusqu'au jour de Ja victoire. C'est à cette occasion,

Pontife fit insérer la

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suivi de ses soldats, pour remercier la Vierge Marie. Dix mille chrétiens affranchis de l’horrible esclavage des Tures, déposèrent sur son autel, les chaînes qu'elle venait de faire tomber de leurs mains et dout le fer a servi depuis à forger les grilles qui férment les chapelles de ja Basilique !

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