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En second lieu, Joseph servit le Verbe incarné avec la fidélité la plus parfaite. Considérez avec quelle foi vive il contemplait sans cesse le Verbe dans le Christ enfant, avec quelle foi et quel amour il adorait sans cesse le Dieu dans le petit Enfant, le tenant dans ses bras, le portant, le servant en tout, avec le respect dû à la Divinité. Et quand le petit Enfant. eut un peu grandi, considéres comment Joseph observait avec une religieuse attention tous ses mouvements, tous ses gestes, tous ses actes, toutes ses paroles. Il était dans un indicible étonnement quand il pensait dans son cœur, et qu'il voyait de ses yeux que le Fils de Dieu s'était fait son fils, et qu’il l'avait choisi pour le nourrir, pour le porter, pour le gouvarner, pour veiller à toutes les nécessités de sa vie et pour lesoustraire à la haine de ses persécuteurs.
Enfin Joseph eut envers Notre-Seigneur la plus ardente charité. Quand, comme un père, il tenait le divin Enfant dans ses bras, quand, comme un père, il s'entretenait avec lui, lorsqu'il commençait à former les premières paroles, ou qu'il parlait déjà, qui nierait, je vous prie, que le Christ, soit enfant, soit adulte, ne lui imprimât. au cœur d'’ineffables sentiments de sa Divinité, ne lui fit savourer d'indicibles délices ? La grâce de l'Enfant- Dieu agissait sur l'âme de Joseph par toutes les voies extérieures, par son regard, par son 1'lial sourire, par-
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peut longtemps vivre dans leur compagnie sans recevoir d'eux et avec eux d'admirables illuminatiocs, de grands embrasements d'amour, d'intimes consolations de Dieu. La suciété d'un saint Paul, d’un saint François, que n’eût-elle pas opéré de divin sur une âme qui aurait longtemps vécu dans l'intimité avec eux? À combien plus forte raison la société intime du Sauveur et de sa divine Mère dut-elle opérer tous ces effets dans l'âme de Joseph qui passa de si longues années avec eux ! Et si l'on songe que Joseph vécut dans leur société comme père nourricier du Sauveur, et comme légitime Epoux de la Vierge, partageant tous leurs travaux, toutes leurs peines, tous leurs voyages, quelle idée doit-on se former des illuminations et des consolations qu'il reçut de Notre-Seigneur et de sa divine Mère!
MISSION SPÉCIALE DE SAINT JOSEPH, * BA MORT PRIVILÉGIÉE, SA GLOIRE ET SON CULTE DANS LE CIEL
Le troisième grâce que Dieu accorda à Joseph est celle d'une mission spéciale dans son Eglise. Et en effet, comparez ce saint Patriarche à toute l'Eglise du Christ: n'est-il pas cet homme élu et spécial par lequel et sous la conduite duquel le Christ a fait, selon les lois
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de l'ordre et de l'honneur, son entrée dans ce monde ? Si donc toute l'Eglise est redevable à la Vierge Mère, Parce que, par elle, elle a été rendue digne de recevoir le Christ, certes, après la Vierge, c'est à Joseph qu'on doit le plus de reconnaissance et de vénération. Car il est le chef de l'Ancien Testament ; c'est en lui que les Patriarches et les Prophètes ont recueilli le fruit de la promesse. Seul, entre tous, Joseph a vu des yeux de son Corps et possédé le Rédempteur promis aux autres. On peut donc dire avec raison que ce patriarche Joseph qui tint en réserve du froment pour les peuples a été sa figure. Mais de combien saint Joseph l'emporte sur lui! L'ancien Patriarche donna seulement aux Egyptiens le pain du corps; saint Joseph a nourri et conservé avec la plus tendre sollicitude, pour toute la succession des Elus, Celui qui est le pain du ciel et qui donne la vie céleste.
Quant à l'époque de la mort de saint Joseph, le Texte sacré n'en dit rien. Il est probable cependant que le saint Patriarche mourut avant la Passion du Sauveur ; autrement, il se fût tenu au pied de la croix, et le divin Maitre n’eût pas eu besoin de recommander sa très sainte Mère à un autre. Nous pensons même
‘qu'il quitta cet exil un peu avant le Baptême de Jésus-
‘Christ. On peut done croire pieusement que Joseph fut ‘assisté à la mort par son tendre Fils Jésus et par la très
342 VIE DE 8. JOSEPH Eee sainte Vierge son Epouse. Qui pourrait dire les encouragements, les consolations, les illustrations intérieures, les sentiments embrasés, les révélations des biens éterels qu'il reçut, à ses derniers moments, de sa très sainte Epouse et du très doux Fils de Dieu, Jésus! Je le lnisse à contempler et à méditer aux âmes pieuses. Elevons nos pensées au Ciel pour y découvrir le faîte de la gloire de Joseph. La sublimité de sa glorification nous est fidèlement exprimée par ces paroles : « Entrez dans la joie de votre Maître. » On ne peut douter que Jésus-Christ, qui, pendant sa vie mortelle, non content d'avoir admis Joseph à une intime fa:ailiarité, lui rendait encore le respect et l’obéissance qu'un fils doit à son père, ne lui ait corservé dans le ciel ces sublimes prérogatives, qu'il ne les ait même admirablement augmentées et perfectionnées. Ainsi, rien de plus juste que ces paroles: « Entrez dans la joie de votre Seigneur.» Sans doute la joie de l’éternelle béatitude entre dans le cœur de l’homme ; cependant le Seigneur a mieux aimé dire: « Entrez dans la joie, » pour faire entendre par là que cette joie ne réside pas seulement dans le cœur du Saint, mais qu’elle l’environne de toutes parts, l'absorbe tout entier et le submerge pour ainsi dire dans un abime sans fond. Si le Dieu Sauveur a voulu, pour satisfaire sa piété tiliale, glorifier le corps aussi bien que l'âme de la très sainte Vierge au jour de son
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Assomption, l’on peut et l'on doit croire pieusement qu'il n'en & pas moins fait pour Joseph, si grand entre tous les saints, et qu'il l'a ressuscité glorieux, le jour où, après s'être ressucité, il en tira tant d'autres de la poussière des tombeaux. Et ainsi, cette sainte Famille qui avait été unie sur la terre dans les souffrances de la vie, et dans les liens de l'amour et de la grâce, règne maintenant en corps et en âme dans l'amour et dans la gloire des Cieux.
Souvenez-vous done de nous, Ô bienheureux Joseph, <t par le suffrage de vos prières intercédez pour nous auprès de votre Fils adoptif ; rendez-nous aussi propice la bienheureuse Vierge, votre Epouse et la Mère de
Celui qui avec le Père et le Saint-Esprit, vit et règne dans les siècles des siècles, (1)»
Amen.
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(1) Saint Joseph d’après les Saints. Par le R. P. Marcel Bouix, 8. J.
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