ET DE LA CENSURE
) Les hommes qui auront toujours vécu sans reproche,
> porteront une écfaarpe Manche à soixante ans. Us se
> présenteront à cet effet , dans le Temple , le jour de Ja
> f<He de la vieillesse , au jugem^t de leurs concitoyeDS ; » et , si personne ne les accuse , ils prendront Técharpe.
1 Le respect de la vieillesse «st un culte dans notre
> patrie. Un homme de Técharpe U»M^e ne peut être » condamné qu'à l'exil.
» Les vieillards qui portait réchai|)e blandie doivent
> censurer, dans les Temples, la vie privée des fonctkw-
> naires et des jeunes hommes qui ont moins de vmgt- » un ans.
I Le plus vieux d'une commune est tenu de se montrer
> dans le Temple tous les dix jours , et d'exprimer son » opinion sur la conduite des fonctionnaires.
» Les citoyens s'assemblent dans les Temples pour y
» examioer la vie privée des fonctionnaires et des jeunes I hommes au-dessous de vingt-un ans» pour y rendre
• compte de l'emploi de leur revenu » pour y déclarer » leurs amis. C'est le {^us âgé qui préside. On ne peut
> discourir longuement; on ne peut déclamer; on doit
> déclarer les bits précis, nus, par respect pour le lieu
> où Ton est et par respect pour l'égalité.
> Celui qui fraiserait ou if^^urierait quelqu'un dans les » Temples serait puni de mort,
B Ceux qui ne sont pas membres du souverain , se re-
> tirent des Temples avant que Ton votCr
» On n'écrit point ce qui se passe dans les Temples.
> Les fcuidiomiiaires accusés dans les Temples par les k vieillards, n'y peuvent parler ; nms leur réponse, écrite
> par eux-ménaes, est lue avec décence par un de leurs » amis; et, sans discussion, le peuple prononce si le
> renvoi devant les tribunaux criminels aura lieu ou non.
• S'ils sont convaincus de mauvaise vie, ils sont bannis. » Tout ce qui tendrait à rendre les mœurs féroces ou
> moUes, doit être censuré dans les Temjdes; mais on n'y
• doit nommer , ni censurer personne qui ne soit revêtu » de rsmtorité , ou qui ne soit âgé de vingt-un ans.
• Le» femmes ne peuvent être censurées.
> Celui qui censurerait nominativement quelqu'un hors
• les cas prescrits parla loi , serait banni sur la demande
> de la personne intéressée devant les tribunaux. >
Le chapitre des funérailles est de la même école, c 11 y » a un petit champ donné à chaque fomiUe pour les se- » pultures. — Les cimetières sont de riants paysages. Les
> tombes sont couvertes de fleurs semées tous les ans
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» par l'enfance. — Les enfants sans reproche piaceni au- » dessus de la porte de leur maison Fimage de leur père > ou de leur mère, i
Nous disions au début de Fétude sur les InsHMions que ce livre est le Livre , un Coran où tout est traité , réglé , religion , législation , morale , hygiène. C'est ainsi que Saint-Just, obéissant à la pensée qui, sous divers noms , a imposé un carême aux juifs , aux chrétiens , aux mahométans , décide que c nul ne mangera de la chair le » troisième, le sixième, ^ neuvième jour des décades, » et que t les enfants ne mangeront point de chair avant » seize ans accomplis, •
i La République honore les arts et le génie, > a écrit Saint-Just, en cela plus intelligent que Bs*œuf criant anathème sur les arts: c Périssent les arts et les grandes • villes où les arts se développent! •
On n'a point oublié toute l'antipathie inspirée à Saint- Just par le commerce (1) et des métiers; > aussi le voyons-nous vouloir faire tourner toutes les forces de la Nation au profit de l'agriculture et de son développement. « Tout propriétaire, > dit-il, c qui n'est point magistrat, » qui a plus de vingt-cinq ans , est tenu de cultiver la terre » jusqu'à cinquante ans, » Une de ses prescriptions a un aspect bizarre, inattendu; c'est celle par laquelle 11 impose à chaque propriétaire l'obligation « sous peine d'être
(1) Sans reprocher au commerce les besoins sans nombre quil nous donne et les superfluités qu'il nous rend nécessaires , n*esl-il pas vrai, n'étant entrepris que par cupidité,que son esprit est essentiellement contraire à l'esprit de tous les gouvernements. (Mablv.)
• ïJrivé du droit de citoyen pendant Tannée, d'élever
• quatre matUom en raison de chaque arpent de terre > qu'il possède, t Nous croyons voir là une bonne peifôée peut-être : celle de délivrer la France du tribut énorme payé par elle à l'étranger pour les laines et lu viande que sa pénurie de bestiaux la forçait alors à aller chercher au loin et au prÎK de tant de sacrifices.
Dans la république nouvelle , c il n'y a point de dômes* » tique; celui qui travaille pour un citoyen est de sa » famille et mange avec lui. > C'est la &mille des patriarches où l'esclavage cependant régnait avec ses impitoyables duretés, et la &mille du moyen-âge qui créa le servage, que Saint-Just veut refaire. — Tout citoyen doit rendre compte , tous les ans , dans les temples , de l'emploi de sa fortune.
Voici , suivant Saint-Just , quelles doivent être les mœurs de l'armée :
c C'est un devoir pour tous les Français de venger ceux 1 qui sont morts avant eux dans la guerre contre la ty> » rannie. Si ce principe peut dievenir l'esprit public, la
> République sera guerrière et indomptable.
1 Les garnisons françaises ne peuvent recevoir d'au- » très capitulations que de retourner dans leur patrie , et » doivent périr plutôt que de se rendre prisonnières.
» Un militaire ne peut jamais rentrer dans le Ueu où il » est né, s'il a quitté son rang dans un combat, s'il a
> perdu son arme, s'il a déserté, s1l a violé ki disci- » pline, s'il a murmuré des fiitigues. Le père qui em- » brasserait son fils après sa lâcheté , ne pourrait point
> porter l'écharpe de la vieillesse.