‹ Saint-Just et la terreur (volume 2)Chapitre 20 sur 25 · Tome L · texte numérisé non relu

Tome L

■W« Il

> Un soldat, près duquel un autre soldat a été frappé ^ d*une arme blanche, est deshonoré, s'il revient du » combat sans Tarme de celui qui a frappé son frère.

» Un général en chef, blessé dans une bataille par une

> arme blanche , s'il ne Ta pas été en ralliant une troupe » enfoncée , est destitué.

» Le militaire qui insulte son chef ou lui désobéît, le » chef qui insulte ou frappe son subordonné, sont punis » de mort.

» Un militaire qui vole ou commet une violence sur le » territoire français, est chassé de l'armée; il est puni de » mort si c'est en pays ennemi.

» Nul ne peut quitter l'armée qu'à la fin de la guerre.

» Les camps sont interdits aux femmes sous peine de » mort.

» Un soldat a le droit de porter une étoile d*or sur son » vêtement y à l'endroit où il a reçu des blessures; les » étoiles lui seront données par la Patrie. S'il est mutilé

> ou s'il a été blessé au visage , il porte rétoile sur le » cœur.

> Les noms des victoires seront inscrits au Panthéon, » avec les traits de courage qui les auront signalées.

» H sera déposé dans le Panthéon des livres où seront

> également inscrits les noms de tous ceux de la généra- » tion présente qui ont concouru à la révolution, et qui » auront souQert ou seront morts pour elle.

» On ne fera l'éloge des généraux qu'à la fin de la * guerre.

» Il faut enlreteiiir, en temps de paix, huit cent raille

» Aommes (i) repartis dans toutes les places, et établir un I système de mutations et de vicissitudes de garnisons, » pour empêcher que l'esprit de paresse ne s'introduise » dans l'armée et pour que la République française soit » redoutée de tous les gouvernements. »

C'est sans doute au moment d'accuser le prussien Anacharsis Ciootz, les barons-banquiers allemands Frey, l'espagnol Guzman , que Saint-Just a écrit ces préceptes :

f Aucun étranger ne peut être employé dans lé gou- > vemement, sous quelque rapport et quelque prétexte » que ce soit. Aucun étranger ne peut posséder d'iemploi » à la solde de l'Etat, s'il n'a été revêtu d'une magistra- » ture à la nomination du peuple. (2). »

On comprend pourquoi nous aimons mieux citer que discuter. C'est moins notre pensée que celle de l'homme livré par nous à l'étude et à l'attention de nos lecteurs , qu'il nous importe de faire connaître ici. Nous nous en rapportons d'ailleurs au bon sens , à la raison publique (fui, dans ces écrits, démêleront facilement le bon et le mauvais, l'erreur et la vérité, l'aberration philosophique et l'aspiration vers une perfection d'idéalité. Aussi nous a-t-il paru suffisant de citer parfois textuellement , parfois d'analyser les teittes. Comment, en effet, commenter une pareille phrase? « 11 faut faire peur à ceux qui gouver- » nent. // ne faut jamais faire peur au peuple,,.. »

(i) V. chap. 18. de Machiavel : De l'imporlance d'une milice nationale.

(2) V. chap. 74 de la République de Machiavel : Qu'il est dangcreux de se fier à des exilés.

— as —

Et celle-ci : c II faut dans toute révolutian un dictateur » (1) pour sauver VEtat par fo force ^ ou des censeurs

> pour le sauver par la vertu. »

Partant de ce dilemme et semblant répugner à l'emploi du salut par la dictature, la dictature cependsmi son moyen de prédilection et de temf^rament^ Suiat^Just explique loi^ement son idée de censure. < 11 faut, i dit-il dans son seizième fragment , c des magistrats pour don- I ner l'exemple des mœura. » Dans S(m esprit, le peuple a tort de ne donner de mandat que pour exercer l'autorité; il devrait créer c mx méUiens de magisirais » pour prêcher et donner rexeB^[>le de toutes les vertus. Dans chaque district, dans chaque armée, il ^vrait être établi un censeur (2) des fonctionnaires publics, dont la émission serait d'entourer de l'attention la plus sévère c toos » ceux qui sont employés dans le gouvernement. Cette

> censure est exercée sur le gouvemea^nt, et ne. peut » l'être sur le peuple!

• Les censeurs ne peuvent exercer aucun acte d^auto-

> Hté ; ils ne rendent point de jugements et ne connais- • sent point de ceux qui sont rendus ; ils ne peuvent dé- » cerner des mandats d'arrêt.

1 Les censeurs accusent devuH les tribunaux les fonc-

(i) V. chap. 22 de Machiavel : De la Dictature.

(2) Les citoyens préposés à la garde du pays ne peuvent être revêtus d'une autorité plus utile, plus nécessabe même que celle que leur donne le pouvoir d'accuser devaut le peuple, devant un conseil, un magistrat » ou quiconque ose porter atteinte à la Constitution.

(Machiavel , La République, cliap. 7.)

aonnaires conspirateurs ou diiapiduteurs ; ceux qui out opprimé des citoyens; ceux qui n'exécutent poiat, dans les délais fixés , les mesures de gouvernement et de salut public ; tous les agents enfin qui prévariquent , de quelque manière que ce soit.

1 Les censeurs des armées ne peuvent connaître des opérations militaires, ni du moral de la guerre. Ils surveillent la discipline , les officiers, les généraux , Tadministration.

» 11 est interdit aux censeurs de parler en public. La modestie et l'austérité sont leurs vertus. Ils sont inflexibles. Ils appellent les fonctionnaires pour leur demander compte de leur conduite ; ils dénoncent tout abus «st toute injustice dans le gouvernement ; ils ne peuvent rien atténuer ni pardonner.

» Les censeui»s ne peuvent suivre les procédures. Les poursuites sont faites , sur leurs dénonciations , par les accusateurs publics près les tribunaux.

» Les censeurs convaincus de faiblesse sont destitués. Ceux qui ont épargné sciemment un fonctiomiaire coupable d'avoir abusé du pouvoir , sont punis. Ils peuvent être accusés par tous les citoyens.

» L'indemnité des censeurs est portée à 6,000 francs*

» Il n'y a point de censeui* dans le séjoui* du Corps lé* gislatif.

> Le droit d'accuser les députés est un droit du peuple et des citoyens : il n'appai*tient pas aux censeurs. Les dénonciations contre les députes sont portées au Corps législatif.

» Les accusations centre les censeurs sont portées de- » Tant le Ck)rps législatif. »

Ce n'est pas tout que cette police imnaense et officielle. Plus loin, il édicté que € tout citoyen, quelque soU son âge » el son sexe^ qui n'exerce aucune fonction publique, a le

> droit d'accuser devant les tribunaux criminds un honime » revêtu d'autorité, qui s'est rendu coupable envers lui

> d'un acte arbitraire.

• Les parties doivent s'expliquer en présence l'ane de » l'autre.

> Si rhomme revêtu d^autorité est convaincu , le ban-

> nissement est prononcé contre lui , et la mort s'il rentre 1 sur le territoire.

> Si les tribunaux criminels relusent d'entendre le ci- » toyen qui intentera plainte, il formera sa plainte dans » le Temple, devant le peuple, le jour de la fête derElre-

> Suprême ; et , si la cause n'est point jugée trente jours

> après, le tribunal est puni par la loi. >

C'est là ce que Saint-Just appelle des garanties.

On vient de voir comment il consacre les garanties des particuliers et de leurs droits. Voici maintenant comment il pose les garanties des peuples , en s'emparaat de la pensée de Lafayctte , en la dépassant et la commentant :

€ L'insurrection est le droit exclusif du peuple et du » citoyen. Tout étranger, tout homme revêtu de fonctions

> publiques, s'il la propose, est hors la loi et doit être i^ » surVheure, comme usurpateur de la souveraineté ei

> comme intéressé aux trouMes pour faire le mal ou » pour s'élever. »

Ce n'était point encore assez. L'insurrection < le plus

1 saint des devoirs » va être déclarée d'utilité publique : i Les insurrections qui ont lieu sous le Despotisme sont 1 toujours salutaires. > Mais voici la restriction : c Cdks

> qui éclatent dans un Etat libre sont dangereuses quel-

> quefoU pour la liberté même. Les révoltes font aux » Etats libres des plaies longues et douloureuses qui sai- » gnent tout un peuple. > Il est fâcheux seulement que Saint-Just ait oublié, dans son frsigment sur les Garanties^ de définir ce qu'il entend par Despotisme et par Etat libre. C'est là une lacune regrettable et qui laisse la place à une extension immense dlnteiprétation pleine de périls. < Notre ennemi , c'est notre maître i , a dit Lafontaine. Notre maître , c'est le gouvemement ; donc tout gouvernement, c'est l'ennemi, s'écriera le fectieux qui , c intéressé aux troubles pour faire le mal ou s* élever, » continuera le syllogisme attrayant par la facilité de conclusion et par l'ambiguité des termes. Où se trouve , pour l'amlûtieux, la différence entre De^>otisme et Etat libre? Où cemmencentHls ? Où finissent-ils ? Qui les ftiit reconnaître ? Ceux-ci prétendront avec une apparence de raison que la Liberté c'était l'état de la France sous Louis XVI, et que le Despotisme c'était l'abominaMe situation de la nation courbant la tète sous le joug impitoyable et sanglant de la Convention et de Saint-Just; qui donc les convaincra d'erreur ? Ceux-là s'empareront de la version contraire , traiteront le roi martyr de despote , et chanteront les douceurs de l'indépendance assurée par la Terreur et pe Robespiemsme; est-ce nous qu'il fendra appeler en témoignage , et à qui l'on devra remetti*e le soin de les juger?

Saint-Just nous dit bien , ce qui pourrait tirer d'embarras les plaideurs , qu'il c faut faire une insiruction sur » les mœurs, sur VapplieatUm du Pouvoir ^ sur les devoin » elles droits réciproques et respectifs^ sur le génie et h 9 but de la Révolution, sur les idées qui constituent le • bonhep^r d'un peuple libre, > Qui osera écrire cette instruction qui n'est autre que ce qu'en politique on appdle une Consiitution? Est-il possible surtout de l'écrire? C'était le cas, ou jamais, de l'essayer, au moins pour Saint-Just, puisqu'il en proclamait la nécessité impérieuse. Mais , dans ses Fragments sur les Institutions républi' cainesy nous n'avons rien trouvé qui ressemblât à une Constitution sérieuse. Nous les avons ftmcièrement étudiés, disséqués, passés à l'alambic de la discussion même bienveillante, car nous avons fait la part de l'éloge, et de cette étude il n'est sorti que des lambeaux informes d'informes pensées, des phrases sans suite, sans ensemble , sans connexité nécessaire. S'il proclame d'ailleurs la nécessité d'une < Instruction » , c'est qu'il ne l'a point écrite. S'il ne l'a point écrite , c'est que l'impossibilité lui a brisé la plume entre les doigts, quand il dictait au milieu du silence et de l'isolement du cabinet; c'est que l'impossibilité lui a séché la parole dans le gosier, quand il parlait au milieu des enthousiasmes et des excitaticms de la tribune.

Donc, il n'y a pas de conclusion à son livre, à son travail, à son système, à son idée de prédilection. Car on ne peut appeler conclusion le projet de Constitution qu'il fut chargé de rédiger, qui fut soumis plus tard à la discussion publique, que la Convention amenda, sous-

amenda, sur-amenda , et qui enfin, adoptée avec des modifications sans nombre, est connue dans Tbistoire des aberrations politiques sous le nom de Constitution de 1793 ou de Robespierre. C'est si peu une condusiôiï logique que le disciple et le continuateur de Saint-Just, l*faorrible Babœuf, en cait endroits de ses proclamations, la déclare très impaHaite, s'en sert seulement conmoie d'un prétexte , comme d'un drapeau menteur destiné à rassurer la bourgeoisie effrayée , et se réserve de Y améliorer plus tard , en cas de succès , et Ton sait ce que devait être, ce qu'aurait été l'amélioration entre les mains de ce brigand de la philosophie.

Maint^iant cpie nous sommes arrivé au terme de- ce travail de dissection, est-il bien nécessaire de dire ce que Saint-lisst pense du Commerce et des Colonies? 11 n'y a rien là de curieux que deux exemples de la manière libérale dont il entend la liberté.

c Nid ne peiU, > édicte-t-il dans son dix-neuvième fragment, < acquérir de terres, former de banques, ni ^ entretenir de vaisseaux à l'étranger, (i) »

Plus loin , il ordonne que t l'Etat fera acheter les nè- » grès sur les côtes d'Afrique, pour être transplantés 1 dans les colonies; ils seront libres à Vinskmt même; il » leur sera donné trois arpents de terre et les (Hitils né-

(1) Si les lois ne doivent pas peraiettre qu'il se ÊMse au dedans de grandes fortunes, quelles préèautions ne doivent- elles pas prendre pour que les citoyens n'attlent an dehors amasser des richesses qu'ils^ rapporteraient dans lenr patrie et qui dérangeralefit nécessairement Tharmonie du gourernement le plus sage. (Mabia.) Tome I. ^0

> cessaûres à leur coitare. > Ils ierorU Ubreê^ ces malheu* reux!... Oui, de se désoler sur la terre étrangère, d'y périr de la maladie du pays ! Et s'ils préféraient être libres, aller vivre dans la patrie aimée , y exercer là liberté à leur manière, la liberté de l'immensité, la liberté de la chasse, la liberté du combat, la Mer/^ d'aimer , la liberté de leur civilisation à eux ! C'est bien de cela qu'il s'agit pomr ces libéraux de la théorie, de la science, de la politique !

Finissons par une dernière citation empruntée au vingtième fragment qui traite du Domaine Public; il se compose, d'après l'auteur, c des impôts, des c successions

> attribuées à la République^ et des biens nationaux, i Dans la République selon Saint-Just, l'impôt n'a pas cette

physionomie complexe, ces dénominations multiples (4) qu'il affecte dans nos sociétés impar&ites. Il n'a qu'un nom : c L'impôt. > Il n*a qu'une forme : c L'obligation • civile pour chaque citoyen, âgé de vingt-et-un ans, de » remettre à un officier public, tous les ans, le dixième 1 de son revenu et le quinzième duproduit4e son industrie, > Gomme sanction morale et pénale , c le tableau des paie-

> ments sera imprhné et affiché toute l'année, i C'est vraiment d'une simplicité merveilleuse et bien &ite pour débarrasser la nation de l'innombrable cohorte de ces

(1) Remarquez que l'imposition directe sur les terres avertit sans cesse le gouvernement et les citoyens de leurs besoins mutuels. Ai contraire l'imposition indirecte laisse aux magistrats mille prétextes et mille moyens artificieux pour satisfaire leurs passions et tromper les peuples. (Mably.)

collecteurs de toute sorte, de tout habti et de toute appellation.

.Quant au domaine public » il est établi c pour réparer l'infortune (4 ) des membres du corps social et : pour soulager le peuple du poids des tributs dans les temps difficiles. La vertUy les bienfaits et le malheur donnent des droits à une indemnité sur le domaine public. La République indemnise les soldats mutilés, les vieillards ' qui ont porté les armes dans leur enfance, ceux qui ont ' nourri leur père et leur mère , ceux qui ont adopté des ' enËints, ceux qui ont plus de quatre enfiints du même lit; \ les époux vieux qui ne sont point séparés ; les orphelins , \ les en&nts abandonnés ; /e« grands hommes ; ceux qui se sont sacrifiés pour Vamitié; ceux qui ont perdu des troupeaux ; ceux qui ont été incendiés ; ceux dent les biens ont été détruits par la guerre, par les orages, par les intempéries des saisons. »

Enfin , Saint-Just veut que le domaine public c fasse des avances aux jeunes époux et s'afferme à ceux qui n'ont point de terres. »

Tel est le livre des Fragments où Saint-Just a plus fait que deviner le socialisme , où Ton peut dire qu'il a été vraiment socialiste , où il a déposé tous les germes decette science que le Babouvisme recevra de ses mains^ sinon complète» au moins fort avancée. L'utopie est va-

(1) Ailleurs , rEtat appauvrit les citoyens; ici, il vient au secours de ceux qui ont souffert une perte ; il aide un citoyen à rétablir sa maison incendiée ; il dédommage le cultivateui' dont une grêle, ou quelqu^ccident , a trompé les espérances. (Mably.)

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gue encore, ou plutôt mal définie» mal récitée; mais il ne faut pas que les partisans de Saint-Just lui Çaissent un mérite de cette indécision» Qui sait si tous les fra^meats ont été retrouvés , si une main amie n'a pas &ût disparaître ce qui eut été par trop comprooiettant? Qu'eût ajouté le ms^tre, s'il eùtvécu, si le temps ne lui eût fait défaut? n était en si bon cbemin ! Qu'ont modifié et défiguré les

,,. sectaires?

Ainsi déjà Saint-Just a porté des coups terribles à la propriété. C'est lui qui le premier veut qu'on donne des terres à tout le monde et pensç à détruire le paupérisme par la distribution des biens nationaux aux. indigents.Dans son rapport du 2d février 17^, sa pensée passera dans sa politique, quand il proposera d'abolir la mendicité en dfôtribuant les biens nationaux, à l'aide desquels 09

''^ composerait à chaque pauvre un petit patrimoine. Il &ut dire qu'à^ses derniers moments, sa pensée allait peut- ^tre se modifier; car, si dans son livre de 1793 il penchait pour le partage des terres (i) , après sa mort on trouva dans la poche de son habit un agenda plein de notes, au milieu desquelles on lisait : c Ne pas admettre le par- > tage des terres, mais le partage des fermages. » C'eût été là sans doute une de ses premières lois, s'il eût réussi dans la lutte suprême du 9 Thermidor. Mais sérieusemeut , où se trouve la différence si radicale entre s'emparer du fonds qui est une propriété digne de respect , et s'emparer du revenu? Celui-ci joe forme-t-il pas une propriété tout aussi sacrée que la première? Dans un cas comme

(1) C'est la loi agraire prêchée par Mabiy daos toutes ses pages.

dans Tautre , n^est-ce pas le vol à main armée ? Que les amis de Saint-Just protestent en son honneur, qu'ils veuillrat bien avouer l'assassinat et qu'ils mécminaissent et renient la déprédation et le brigandage; nous !e concevons ; mais les textes sont là avec leur effrayante nu^ dite , avec leur écrasante brutalité.

Ainsi encore Saint-Just n'est qu'un socialiste, quand il veut des revenus publics en nature. On aura beau dire que chez certains peuples l'impôt ne s'est payé qu'en productions du sol, C^était là de la barbarie. Depuis lors, la civilisation a marché ; la vraie science sociale a fait d'immenses progrès. Saint-Just savait assez d'économie politique pour ne pas ignorer que c'était là l'enfance de la société humaine. S'il rétrograde , c'est systématiquement, c'est cvec connaissance de cause.

Ainsi encore Saînt-Jnst n'est qu'un socialiste, quandjl proclame l'obligation du travail pour tous^ C'est le droit au travail de 1848 sous une autre formule.

Ainsi Saint-Just n'est qu'un socmliste, quand il veut que chaque citoyen msgeur paie à l'Etat la dîme de son revenu et le quinzième du produit de son industrie. C'est là l'impôt progressif demandé de nos jours, encore sous une autre formule peut-être , mais dans le même ordre d'idées.

Mais Saint-Just n'est qu'un socialiste, quand, avant tous les socialistes, il rêve une république universelle, quand il souhaite une association de tous les peuples , quand il reg^rette qu'il |y ait des peuples séparés par des limites poUciqnes.

Saintniust n'est qu'un socialiste, quand il veut Téduca-

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