‹ Saint-Just et la terreurChapitre 15 sur 34 · ET DE LA CENSURE · texte numérisé non relu

ET DE LA CENSURE

» Les hommes qui auront toigours vécu sans reproche, > porteront une écharpe blanche à soixante ans. Ils se » l)réscnteront à cet effet , dans le Temple , le jour de la » fêle de la vieillesse, au jugement de leurs concitoyens ; » vX, si personne ne les accuse, ils prendront Técharpe.

» Le respect de la vieillesse est un culte dans notre » pairie. Un homme de Técharpe blanche ne peut être » condamné qu'à l'exil.

» Les ^ieillards qui portent l'écharpe blanche doivent B censurer, dans les Temples, la vie privée des fonction- » naircs et des jeunes hommes qui ont moins de yîngt- D un ans.

> Le plus vieux d'une commune est tenu de se montrer >^ dans le Temple tous les dix jours , et d'exprimer son î (opinion sur la conduite des fonctionnaires.

) Lc^ citoyens s'assemblent dans les Temples pour y

examiner la vie privée des fonctionnaires et des jeunes hommes au-dessous de vingt-un ans, pour y rendr(ï compte de l'emploi de leur revenu , pour y déclarer leurs amis. C'est le plus âgé qui préside. On ne peut discourir longuement ; on ne peut déclamer; on doit déclarer les faits précis, nus, par respect pour le lieu où Ton est et par respect pour l'égalité.

> Celui qui frapperait ou injurierait quelqu'un dans les Temples serait puni de mort.

> Ceux qui ne sont pas membres du souverain , se retirent des Temples avant que l'on vole.

» On n'écrit point ce qui se passe dans les Temples. 9 Les fonctionnaires accusés dans les Temples par les vieillards, n'y peuvent parler; mais leur réponse, écrite par eux-mêmes , est lue avec décence par un de leurs amis; et, sans discussion, le peuple prononce si le renvoi devant les tribunaux criminels aura lieu ou non. S'ils sont convaincus de mauvaise vie, ils sont bannis. » Tout ce qui tendrait à rendre les mœurs féroces ou molles, doit être censuré dans les Temples; mais on n'y doit nommer , ni censurer personne qui ne soit revêtu de l'autorité , ou qui ne soit âgé de vingt-un ans. » Les fenunes ne peuvent être censurées.

> Celui qui censurerait nominativement quelqu'un hors les cas prescrits parla loi, serait banni sur la demande de la personne intéressée devant les tribunaux. »

Le chapitre des funérailles est de la même école. « Il y u un petit champ donné à chaque famille pour les sépultures. — Les cimetières sont d» riants paysages. Les tombes sont couvertes de fleurs semées tous les ans

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1 par Fenfance. *— Les enfants nans reproche p aceni aa-

> dessus de la porte de leur maison limage de leur père » ou de leur mère. »

Nous disions au début de l'étude sur les In9iiMi(m$ que ce livre est le Livre , un Coran où tout est traité , réglé, religion, l^slation, morale, hygiène. C'est ainsi que Saint-Just, obéissant à la pensée qui, sons divers noms , a imposé un carême aux juifs , aux chrétiens , aux mahométans , décide que c nul ne mangera de la chair le

> troisième, le sixième, le neuvième jour des décades, » et que c les enfants ne mangeront point de chair avant 1 sei^e ans accomplis. »

c La République honore les arts et le génie , » a écrit Saint-Just, en cela plus intelligent que Babœuf criant anathème sur les arts: c Périssent les arts et les grandes » villes où les arts se développent! »

On n'a point oublié toute l'antipathie inspirée à Saint- Just par le commerce (1) et c les métiers ; • aussi le voyons-nous vouloir faire tourner toutes les forces de la Nation au profit de l'agriculture et de son développement, c Tout propriétaire, » dit-il, c qui n'est point magistrat» » qui a plus de vingt-cinq ans , est tenu de cultiver la terre

> jusqu'à cinquante ans. » Une de ses prescriptions a un aspect bizarre, inattendu; c'est celle par laquelle il impose à chaque propriétaire l'obligation c sous peine d'être

(1) Sans reprocher au commerce les besoins sans nombre qu'il nous donne et les superfluités qu'il nous rend nécessaires , n*est-il pas vrai, n'étant entrepris que par cupidité,que son esprit est essentiellement contraire àTcsprit de tous les gouvernements. (Mably.)

> privé du droit de citoyen pendant Tannée, iV élever

> quatre moutons en raison de chaque arpent de terre

> qu'il possède. » Nous croyons voir là une bonne pensée peut-être : celle de délivrer la France du tribut énorme payé par elle à l'étranger pour les laines et la viande que sa pénurie de bestiaux la forçait alors à aller chercher au loin et au prix de tant de sacrifices.

Dans la république nouvelle , « il n'y a point de domes- » tique; celui qui travaille pour un citoyen est de sa

> famille et mange avec lui. > C'est la famille des patriarches où l'esclavage cependant régnait avec ses impitoyables duretés, et la famille du moyen-ûge qui créa le servage , que Saint-Just veut reÊaire. — Tout citoyen doit rendre compte , tous les ans , dans les temples , de l'emploi de sa fortune.

Voici , suivant Saint-Just , quelles doivent être les mœurs de l'armée :

€ C'est un devoir pour tous les Français de venger ceux » qui sont morts avant eux dans la guerre contre la ly- » rannie. Si ce principe peut devenir l'esprit public, la » République sera guerrière et indomptable.

» Les garnisons françaises ne peuvent recevoir d'au-

> très capitulations que de retourner dans leur patrie , et » doivent périr plutôt que de se rendre prisonnières.

» Un militaire ne peut jamais rentrer dans le lieu où il

> est né, s'il a quitté son rang dans un combat, s'il a >^ pci'du son arme, s'il a déserté, s'il a violé la disci- » pline, s'il a murmuré des fatigui^s. Le père qui cni- V brasserait son (ils après sa hkhelé, ne pourrait point

> porter Técharpe de la vieillesse.

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