Tome I
I Citoyens, tous le» ennemis de la République sont dans son gouvei'nement. £n vain vous vous consume/, dans cette enceinte à faire des lois ; en vain voti'e Gomité, en vain quelques ministres vous secondent; tout conspire contre eux et vous.
» Nous avons reconnu que des agents de l'admimstration des hôpitaux ont fourni , depuis six mois , de farines les rebelles de la Vendée.
» Les riches le sont devenus davantage depuis les taxes, faites surtout en faveur du peuple; elles ont douMé la valeur de leurs trésors, elles ont doublé leurs moyens de séduction.
> Les hommes opulents contribuent, n'en doutez pas, à soutenir la guerre. Ce sont eux qui partout sont en concurrence avec TÊtat dans ses achats. Ils déposent leurs fonds entre les mains des administrations infidèles, des conmussionnaires , des courtiers ; le gouvernement est ligué avec eux. Vous poursuivez les accaparent^ ; vous ne pouvez pas poursuivre ceux qui achètent eu apparence pour les armées.
> Il faut du génie pour faire une loi prohibitive à laquelle aucun abus n'échappe : les voleurs que Ton destitue placent les fonds qu'ils ont volés entre les mains de ceux qui leur succèdent.
i La plupart des hommes déclarés suspects ont des mises dans les fournitures. Le gouvernement est la caisse d'assurance de tous les brigandages et de tous les crimes.
> Tout se tient dans le gouvernement; le mal dans > chaque partie influe sur le tout. La dissipation du
» trésor publie a contribué au renchérissement des dcn- » rées et au succès des conjurations ; voici comment i
< Trois milliards, volés par les foamisseurs et par les » agents de toute espèce , sont aujourd'hui en concurrence » avec l'Etat dans ses acquisltioifê ; avec le peuple, sur » les marchés et sur les comptoirs des marchands ; avec
• les soldats, dans les garpisons; avec le commerce,
• chez rétranger. Ces trois milliards fermentent dans la t République. Ils recrutent pour Fennemi; ils corrompent » les généraux; ils achètent les emplois publics; ils aé- » duisent les juges et les magistrats, et rendent le crime 1 plus fort que la loi. Ceux qui se sont enrichis veulent » s'enrichir encore davantage ; celui <pii désire le néces- » saire est patient ; celui qui désire le superflu est cruel. » De 15 les malheurs du peuple dont la vertu reste im- » puissante contre l'activité de ses ennemis.
» Vous avez porté des lois contre les accapareurs ; ceux » qui devraient &ire respecter les lois accaparent : ainsi » les consuls Papius et Popœus , tous deux célibataires ,
> firent des lois contre le célibat.
» Personne n'est sincère dans l'administration publi-
> que. Le patriotisme est un commerce des lèvres ; diacun
• sacrifie tous les autres , et ne sacrifie rien de son Inté-
• rét. •
Celte philippique , pleine d'énergie contre l'impudeur des républicains au pouvoir, ne sert malheureusement que de prétexte à l'indignation. C^te colère va nous mener tout droit au socialisme par l'impôt progressif sur les fortunes soumises à l'inquisition déloyale d'une enquête
par TEtat. Uue la tbrtuiie honnête s^appréte à payer pour
la iuaivei*satioii opulente !
« Vous avez Deuucoup fait pour le peuple » * continue
Saiut-Just, « en ôlant dix-huit cent millions de La circulation ; vous avez diminué les moyens de toomienter la patrie ; mais depuis les taxes , ceux qui avaient des capitaux ont vu doubler au même instant ces capitaux» comme je Tai dit ; ii est donc nieeuaire qœ wnw ckmr' giez rapiUence de» tributs \ il est nécessaire que vous rétablissiez un tribunal , pour que tous ceux qui ont manié depuis quatre ans les deniers de la République y rendent compte de leur fortune. Cette utile censure écartera les fripons des emplois. 11 est nécessaire que le trésor public soit rempli des restitutions des voleurs* et que la justice règne à son tour après Timpunité. > Alors, quand vous aurez coupé la racine du mal, et que vous aurc^. appauvri les ennemis du peuple, ils n'entreront plus en concurrence avec lui : alors vous di'^penserez beaucoup moins pour réquipement et Tentreticn des armées; alors le peuple Indig^it ne sera plus humilié par la dépendance où il est du riche. « L'aumône humilie,» vient de dire Saint-Just avant tous
l(*s socialistes de nos joui*s qui lui ont pris cette phrase;
de là au droit à la subsistance il n'y a plus qu'un pas. La
logique amenait forcément et immédiatement cette phrase:
< 1^ pain que donne le riche est amer; il compromet la
• liberté. Le pain appartient de droit au peuple » deuu un
> état sagement régie,., »
Voilà le prii>cipe i)OS<'» et le dn>il reconnu. U ne ivsie
plus que rapplicalion à déterminer; c'est ce que fera
Saînl-Jusl dans Son rapport du 26 février HM, sur ItîS secours à distribuer aux patriotes amc dépens des biens des ennemis de la République.
L*énieutc du i^*" mai et ses deux-cents barfues» flanquées de faubouriens, avaient enlevé de force vive le décret de Maximum, Cette conquête du communisme liolent va étvQ consacrée par le communisme légal et gouvernemental. Saint-Just, on se le rappelle, prohibait le moicimum dans ses Fragments et dans cette phrase : c Les denrées ne 1 circulent point là où Ton taxe. » Il se donne maintenant à lui-même le démenti le plus complet : < H faut dire la » vérité tout entière, i poursuit le rapporteur du Comité de Salut Public, c Les taxes sont nécessaires à cause des 1 circonstances ; mais si les émissions d'assignats contl- » nuent, et si les assignats émis restent en circulation, » le riche qui a des épargnes se mettra encore en con- » currence avec le peuple, avec Tagriculture , avec les
• ails utiles pour leur ravir les bras qui leur seront né- » cessaîres. •
» Le cultivateur abandonnera sa charrue , parce qu'il » gagnera davantage à servir l'homme opulent. Vous ^ aurez taxé les produits , on vous enlèvera les bras qui » produisent; et si les produits sont plus rares, le riche » saura bien se les procurer, et la disette peut aller à
• son comble.
> Lorsqu'on a taxé les denrées au tiers, au quart, à
• moitié du prix ou elles étaient auparavant, il feut ôter > de la circulation le tiers , le quart , la moitié du signe ou 1 de la monnaie.
» C'est au riche , dont les taxes doublent le revenu ,
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;i rendre ;i la pairie une portion de ce revenu proportionnée au bénéflee des taxes.
> L'un des meilleurs moyens de faire baisser les den^ i*ées et de diminuer Tétat des fortunes est de forcer (;elui qui a trop à Téconomie.
» Ces vérités simples doivent être saisies de tout le monde ; (*lles appartiennent davantage au cœur qn*h l'esprit.
> U y a quelques rapports particuliers sous lesquels vous devez envisager les monnaies dans les circonstances présentes. Tout ayant prodigieusement renchéri depuis les ventes de 1790, 1791, qui ont été les plus rapides, les annuités et les intérêts qu'on vous paie aujourd'hui ne répondent plus ù la valeur actuelle du signe, et l'Etat a perdu moitié sur la vente des terres.
> Je ne fais point ces réflexions pour alarmer les ac* quéreurs. Quelles que soient les pertes qu'a faites l'Etat, la perte du crédit national serait plus grande encore, eC la probité du peuple français garantit l'aliénation d<es domaines publics.
> Ainsi tout concourt h vous prouver que vous devez imposer les riches , établir une sévère économie et poursuivre rigoureusement tous les comptables , afin de ne pas perdre sur la valeur des intérêts et des annuités.
» Ces moyens sont simples ; ils sont dans la nature même des choses, et sont préférables aux systèmes dont la République est inondée depuis quelque temps. » Voire Comiio de Salut Public a pense que l'économie y> et la sôvmtééiaicmi dans ce moment le meilleur moyen
de faire baisser les denrées; on lui a présenlé des projets d'emprunt, de banque et d'agiotage de toute espèce, et sur les monnaies et sur lessubsisiancrs; illes a rejetés comme des inspirations de ravorice ou de IVtranger. Notre principe doit être de diminuer la masse des assignats par le brulement seul.
• Jetons un coup-d'œil sur le commerce et sur le change.
• Je parlerais ici de la politique et du conmierce dé l'Europe , si je n'avais un rapport particulier à vous faire sur les colonies.
> Je ne parlerai donc point ici des vues commerciales qui conviennent ù la République. Je ne veux, parler du commerce que dans son rapport avec la crise où nous somme$«
» Beaucoup de denrées sont devenues rares ; ce sont c(illes que ne produit point notre pays ; ces denrées pourront devenir plus rares encore par la difliculté de s'en procurer. Il n'y a plus de charges, mais il vaut mieux se passer de denrées de luxe que de courage et de vertu.
> 11 sera nécessaire que votre Comité de conmierce examine si toutes les denrées de première nécessité que produit le sol de la République sont en proportion avec les besoins du peuple , car rien ne supplée à la disette absolue.
> Tout le commerce de l'Europe languit ; nos ennemis sont punis eux-mêmes, semblables à l'abeille qui perd la vie en nous piquant de son aiguillon ; il s'est fait mille banqueroutes à Londres depuis la guerre. Aussitôt que
» le gouvci*nement anglais connaît un riche, il le fait
• lord. Son dessein en cela est de fortifier le patriciat et
* la Monarchie ; mais ce moyen ruine le commerce ; et » s'il se trouve quelques hommes de courage dans la » Chambre des Communes, elle abolira peut-être bientôt » celle des pairs et le trône, aidée par la misère publique » et parle ressentiment du commerce»
» Nos mœurs présentes nous font souffrir avec joie des » privations. Il n'en est pas de même dans les monarchies > qui nous font la guerre : elles sont toutes ébranlées par » les cris des peuples,
» Les denrées ont encore enchéri par la difficulté des » charrois et la cheilé des fourrages et des chevaux : les » chemins sont rumés pour la plupart.
» Votre coniilé avait eu Tidée d'employer les hommes » justement suspects à les rétablir, à percer les canaux » de Saint^uehtin et d'Orléans, à transporter les bois de » la marine à neaoyer les fleuves. {\) Ce serait le seul
(i) Après Thermidor , le Comité de Salut Public , qui avait apt)rouvé de son silence les assertions de Saint-Just, protesta contre elles et se défendit d*avoir jamais songé à employer les détenus aux travaux de TEtat. Barère dans ses Mémoires s^exprime ainsi : R Le Comité , loin d'avoir eu cette pensée , digne de Louis XI , a i> plusieurs fois repoussé le projet que Saint^ust énonçait vague- » ment et de loin ^ pour faire attacher aux travaux publics les dé- N tenus jugés suspects. Saint-Just nous vit toujours indignés contre » cette atroce injustice : Les détenus, lui dit-on , sont des otages » et non des criminels; ils sont arrêtés pour sûreté générale et u non condamnés pour crimes. Saint-Just n*osa plus reproduire t) une idée proscrite unanimement ; mais ce qu'il y a de certain , >» c'est (pfil ne rêvait qu'aux prisons des détenus , et Robespierre
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» bien qu'ils auraient fait à la patrie : c'est à vous de
> peser cette idée dans voti*e sagesse. Dans une ilépubli-
> que il n'y a point de considération qui doive prévaloir
> sur Futilité commune ; il serait juste que le peuple ré- » gnât à son tour sur ses oppresseurs, et que la sueur » baignât l'orgueil de leur front.
> Les différentes lois que vous poitiez autrefois sûr les » subsistances auraient été bonnes» si les hommes n*a- » vaient été mauvais.
> Lorsque vous portâtes la loi du maximum^ les ennc-
> mis du peuple, plus riches que lui» achetèi-cnt au-
> dessus du maximum.
» Les marchés cessèrent d'être fournis par l'avarice de
> ceux qui vendaient : le prix de la denrée avait baissé , » mais la denrée fut rare.
» qu*à son tribuDal révolutionnaire. — Us étaient bien digues de » s'aimer et de s'entendre. Saint-Just a sans cesse fait la guerre » aux détenus, au\ incarcérés, aux suspects : il a fait tous les rap- » ports sur cette matière; il a fait un rapport sur les incarcérés, » il a fait établir la commission populaire pour les juger et les » déporter ; il a fait établir , par un décret , le bureau de la » police générale; il a fait autoriser le Comité à renvoyer au » tribunal révolutionnaire pour faire des listes de détenus à juger. » Il a renvoyé à ce tribunal un grand nombre de détenus; il a » môme arlutrairement dispostî de cet objet sacré ; il a signé seul N une liste de 159 détenus quMI a renvoyés au tribiuial révohition- » naire. Cette liste est dans le procès de la commission des 21. — » Voilà la main qui a frappé, qui a tyrannisé les détenus, comme » Louis XI proscrivait les quatre mille nobles qu'il fit périr. Saint- » Just s'est montré seul dans les listes; il s'est montré seul à la » tribune. Pourquoi donc firapper ceux qui n*ont point compris son » langage ? »
t Les corainissioniiaircs d'un grand nombre de coin-
» munes achetèrent en concurrence ; et comme Tinquié- » tude se nourrit et se propage d'elle-même, chacun » voulut avoir des magasins, et prépara la famine pour t s'en préserver.
• Les départements fertiles furent inondés de commîs- » sions ; tout fut arrhé ; on acheta même pour ie duc » d'York ; on a vu des commissionnaires porteurs de •> guinées.
• L'administration des subsistances militaires et le » peuple, obligés d'acheter -au maximum , ne trouvèrent » que ceux que la pudeur du crime ou de Finlcrêt n'avait » point osé vendre à plus haut prix.
» Ainsi, nos ennemis ont tiré avantage de nos lois » mornes , et les ont tournées en leur faveur.
» Votre Comité de Salut Public a pensé que vous de- » viez réprimer fortement cette concurrence établie » entre le peuple et ses ennemis , et soumettre les com- » missions ou réquisitions à un visa, par le moyen du- B quel les agents malintentionnés seraient reconnus et » les réquisitions organisées, i
La France est avertie. La France est en danger ; elle penche au-dessus de l'abîme. Le tableau se charge de teintes lugubres et foncées. Où doivent donc nous conduire les frayeurs que Saint-Just sème a pleines mains sur l'Assemblée, sur le pays? Droit à la dictature du Comité de Salut Public. « Dans les circonstances où se trouve la • République, » reprend l'adroit orateur, t la Constilu- » tion ne peut être établie. On l'immolerait par elle-même, f Elhî deviendrai! la garantie dos attentats contre la
> liberté , parce qu'elle luaiMiueraii de la violeuee néces*'
> saire pour les répiimer. Le gouvernemenl préseui est
> au^i trop embarrassé. »
Jamais ou ne vit succès plu» effroûtémeott {rius liabiiement, plus complètement atteint. Avec ces cinq lignes rapidement débitées , le tour de maàn est accompli par Tescamoteur politique qui, après avoir endormi sim complaisant public et d'un mot confisqué la Constitution et le$ libertés nationales, après s'être enfin déb8ii*rasséde ce que sa mission avait de plus dîfflk^ile , court maintenant drait au but et dit à ses collées : c Vous êtes ti*op loin de tous les attentats; il faut que U glaive des Im se pt*iH mène patiotU avec rapidité f et que votre bras soit partout présent pour an^éter le crime* » Vous devez vous garantir de Tind^ndance des administrations, diviser Tautorité, l'identifier au mouvement révolutionnaire et à vous, et la multiplier. • Vous devez resserrer tous les nœuds de la responsabilité, diriger le pouvoir souvent terrible pour le» patriotes, et souvent indulgent pour les traîtres; tous les devoirs envers le peuple sont méconnus, l'insolence des gens en place est insupportable, les fortune» se font avec rapidité.
> Il est impossible que le» loi» révolutionnaires soient exécutées, si le gouvernement lui-même n'est constitué révolutionuairement.
» Vous ne pouvez point espérer de prospérité, si vous n'établissez un gouvernement qui, doux et modéré en^ vers le peuple y sera terrible envers lui-même par Véner" gie de ses rapports; ce gouvernement doit peser sur
"» lui-même et non sui* le peuple. Toute injustice envei-s » les citoyens , toute trahison , tout acte d'indiffereHco » envers la patrie, toute mollesse, y doivent être souve- » rainement réprimés.
• Il faut y préciser les devoli*s, y placer partout le glaire » à côté de l'abus y en sorte que tout soit libre dans la » République, excepté ceux qui conjurent contre elle et » qui gouvernent mal. »
Un des plus teriibles instruments de ce pouvoir terl'ible que Saint-Just vient d'accapaiHir pour le concentrer lîuire les mains du Comité de Salut Public, c'est le i-eprésenlant en mission. 11 le définit et lui enseigne ses devoirs : < Il n'est pas inutile non plus que les devoirs des » repi^ésenlants du peuple auprès des armées leur soient
> sévèrement recommandés. Ils y doivent être les pères
> et les amis du soldat. Ils doivent coucher sous la tente, » ils doivent être présents aux exercices militaires, ils » doivent être peu familiers avec les généraux, afin que 9 le soldat ait plus de confiance dans leur justice et leur » impartialité quand il les aborde. Le soldat doit les » trouver jour et nuit prêts à Fentendre. Les représen-
> tants doivent manger seuls. Ils doivent être fhigals et
• se souvenir qu'ils répondent du salut public, et que la » chute éternelle des rois est préférable à la mollesse » passagère.
» Ceux qui font des révolutions dans le monde, ceux » qui veulent faire le bien , ne doivent dormir que dans
• le tombeau.
» Les représentants du peuple dans les camps doivent » y vivre comme Annibal avant d'arriver à Capoue, et
». comme Mîthridate; ils doivent savoir» si je puis ainsi
> parler, le nom de tous les soldats; ils doivent ponr-
> suivre toute injustice, tout abus, car il s'est introduit » de gn^nds vices dans la discipline de nos armées, t
Peu nous importe maintenant qu'une seconde fois Saint- Just vienne publiquement constater Tavidité de ces républicains remplissant l'administration de l'armée de brigands et volant les rations des chevanx, insubordonnés et se méprisant les uns les autres parce qu'ils se connaissent; c'est la vieille histoire de toutes les révolutions faites pour restaurer la veriu et exploitées par dés misérables pires que leurs devanciers. Peu nous importe qu'il trace une histoire de la guerre où l'impétuosité et la fougue française doit terrasser c des ennemis lourds , froids et » tardifs. > L'intérêt n'est plus là ; il ^ trouvait tout-àl'heure dans l'habile exposé des circonstances enlaidies a plaisir, des maux de la patrie à dessein exagérés pour rendre en apparence la dictature nécessaire. Il git maintenant dans la conclusion de ce discours : c II fiiut que » notre gouvernement regagne d'un côté ce qu'il a perdu » de l'autre. Il doit mettre tous les ennemis de la liberté » dans l'impossibilité de lui nuire à mesure que les gens » de bien périssent. H faut faire la guerre avec prudence j> et ménager notre sang, car on n'en veut qu'à lui; t l'Europe en a soif! Vous avez cent mille hommes > dans le tombeau, qui ne défendent plus la liberté.
> Le gouvernement est leur assassin; c'est le crime >» des uns, c'est l'impuissance des autres et leur inca- ^ pacilé.
N Tous (;eu\ qu'emploie le gouvernement sont par^s^